Par delà le bien et le mal Vicente Amorim (réalisateur (s)) Viggo Mortensen (acteur (s)) Jason Isaacs (acteur (s))
Dans les années 30 en Allemagne, John Halder (Viggo Mortensen), professeur de littérature à l'université, se débat dans sa vie privée. Sa mère impotente est sujette à des crises de démence, sa femme pianiste, dépressive, peine à s'occuper des enfants et lui reproche sans cesse son manque d'ambition. L'arrivée au pouvoir des nazis va changer la...
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Description de Par delà le bien et le mal
Dans les années 30 en Allemagne, John Halder (Viggo Mortensen), professeur de littérature à l'université, se débat dans sa vie privée. Sa mère impotente est sujette à des crises de démence, sa femme pianiste, dépressive, peine à s'occuper des enfants et lui reproche sans cesse son manque d'ambition. L'arrivée au pouvoir des nazis va changer la donne. Pour avoir écrit un livre sur l'euthanasie qui a séduit Hitler, John est courtisé par les nazis et se voit offrir par le parti un statut honorifique de conseiller en humanité. Même s'il est flatté d'être enfin pris en considération, John n'est pas très à l'aise avec sa conscience, d'autant que son meilleur ami (Jason Isaacs, excellent !) est juif. Adapté en 2008 d'une pièce de l'Ecossais C. P. Taylor, "Par-delà le bien et le mal" ("Good") n'a pas eu les honneurs d'une sortie en salles en France. Pourtant ce film du cinéaste brésilien Vicente Amorim (fils du ministre brésilien des affaires étrangères) mérite l'attention. Il démontre en effet comment un individu ordinaire, intelligent et sensible, peut se laisser entraîner sur une pente dangereuse sans être capable de réagir, ou trop tard. John commence par "Hitler est une blague, il ne durera pas" et finit par "Comment en est-on arrivé là ?" Viggo Mortensen parvient à exprimer le malaise de son personnage à la fois torturé, docile et curieusement détaché. Ce détachement est aussi ce qu'on peut reprocher au film, dont la mise en scène et la narration cousue de fil blanc manquent de consistance (sauf dans la scène finale, impressionnante). Même si elle laisse sur sa faim, cette fable sur la passivité des gens "bien" devant l'intolérable, suscite une sage réflexion.