George Sand (Auteur) Paru en octobre 2018 ebook (ePub)
Résumé
Voir tout
Le prince de Bambucci était un homme de goût, ce qui est pour un riche la qualité la plus éminente et la plus rare. La seule vertu qu’on exige de ces gens-là, c’est de savoir convenablement dépenser leur argent. À cette condition, on les tient quittes de tout autre mérite ; mais le plus souvent ils sont au-dessous de leur vocation, et vivent bourgeoisement sans abdiquer l’orgueil de leur classe. Bambucci était le premier homme du monde pour payer un cheval, une femme ou un tableau, sans marchander et sans se laisser...
Caractéristiques
Voir tout
Date de parution

octobre 2018

Editeur

GILBERT TEROL

Format

ebook (ePub)

Type de DRM

Adobe DRM

Prix Prix Fnac

4,25 €

Téléchargement immédiat

Retrouvez votre ebook dans l'appli Kobo by Fnac et dans votre compte client sur notre site web dès validation de votre commande.

Découvrez toutes
les liseuses numériques
Kobo

Avis clients Avis
-/5

Soyez le premier à partager
votre avis sur ce produit

Toutes les notes
Conseils Fnac
Retrouvez les meilleurs conseils Fnac
Mélanie
Libraire Fnac.com
Tout savoir sur la littérature romantique

Mouvement culturel apparu à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et en Allemagne... Mouvement culturel apparu à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et en... Lire la suite

Tous nos conseils
Caractéristiques
Auteur
George Sand
Editeur
GILBERT TEROL
Date de parution
octobre 2018
EAN
1230000212446
ISBN
1230000212446
Type de DRM
Adobe DRM
Toutes les caractéristiques
En savoir plus sur
George Sand
George Sand Auteur
George Sand était une écrivaine française née le 1er juillet 1804 à Paris et... Lire la suite
Tout sur George Sand

Résumé

Le prince de Bambucci était un homme de goût, ce qui est pour un riche la qualité la plus éminente et la plus rare. La seule vertu qu’on exige de ces gens-là, c’est de savoir convenablement dépenser leur argent. À cette condition, on les tient quittes de tout autre mérite ; mais le plus souvent ils sont au-dessous de leur vocation, et vivent bourgeoisement sans abdiquer l’orgueil de leur classe.

Bambucci était le premier homme du monde pour payer un cheval, une femme ou un tableau, sans marchander et sans se laisser friponner. Il savait le prix des choses à un sequin près. Son œil était exercé comme celui d’un huissier-priseur ou d’un marchand d’esclaves. Le sens olfactif était si développé en lui, qu’il pouvait dire, rien qu’à l’odeur du vin, non-seulement quel était le degré de latitude et le nom du vignoble, mais encore à quelle exposition du soleil était situé le versant de la colline qui l’avait produit. Nul artifice, nul miracle de sentiment ou de coquetterie n’était capable de faire qu’il se méprît de six mois sur l’âge d’une actrice : rien qu’à la voir marcher au fond du théâtre, il était prêt à dresser son acte de naissance. Rien qu’à voir courir un cheval à la distance de cent pas, il pouvait signaler à sa jambe l’existence d’une molette imperceptible au doigt du vétérinaire. Rien qu’à toucher le poil d’un chien de chasse, il pouvait dire à quelle génération ascendante la pureté de sa race avait été altérée ; et sur un tableau d’école florentine ou flamande, combien de coups de pinceau avaient été donnés par le maître. En un mot, c’était un homme supérieur et tellement reconnu pour tel, qu’il n’en pouvait plus douter lui-même.

La dernière fête qu’il donna ne contribua pas peu à soutenir la haute réputation qu’il s’était acquise. De grands vases d’albâtre, répandus dans les salles, les escaliers et les galeries de son palais, furent remplis de fleurs exotiques, dont le nom, la forme et le parfum étaient inconnus à la plupart de ceux qui les virent. Il avait eu soin de distribuer dans le bal une vingtaine de savants, chargés de servir de ciceroni aux ignorants, et de leur expliquer sans affectation l’usage et le prix des choses qu’ils admiraient. La façade et les cours de la villa étincelaient de lumières. Mais les jardins n’étaient éclairés que par le reflet des appartements. À mesure qu’on s’éloignait, on pouvait s’ensevelir dans une molle et mystérieuse obscurité, et se reposer du mouvement et du bruit au fond de ces ombrages où les sons de l’orchestre arrivaient doux et faibles, interrompus souvent par les bouffées d’un vent chargé de parfums. Des tapis de velours vert avaient été jetés et comme oubliés sur les gazons, afin qu’on pût s’y asseoir sans froisser son vêtement ; et, dans quelques endroits, des sonnettes d’un timbre clair et faible étaient suspendues aux arbres, et, au moindre souffle de l’air, semaient le feuillage de notes incertaines on d’accords sans suite, qu’on eût pu prendre pour les voix grêles des sylphes éveillés par le balancement des fleurs où ils s’étaient blottis.

Bambucci savait combien il était important, quand on veut réveiller la volupté dans les âmes énervées, d’éviter tout ce qui peut amener la fatigue des sens. Aussi, dans l’intérieur des salles, la lumière n’était point trop ardente pour les yeux délicats. L’harmonie était douce et sans éclats de cuivre. Les danses étaient lentes et rares. On ne permettait pas aux jeunes gens de former de nombreux quadrilles. Car, dans la conviction que l’homme ne sait ni ce qu’il veut, ni ce qui lui convient, le philosophique Bambucci avait placé partout des chambellans qui réglaient la dose d’activité et de repos de chacun. Ces gens-là, observateurs habiles et sceptiques profonds, mettaient un frein à l’ardeur des uns pour qu’elle ne s’épuisât pas trop vite, gourmandaient la paresse des autres pour qu’elle ne fût pas trop lente à s’éveiller. Ils lisaient dans les regards l’approche de la satiété, et ils trouvaient moyen de la prévenir on vous faisant changer de lieu et d’amusement. Ils devinaient aussi, dans l’inquiétude de votre marche, dans la précipitation de vos mouvements, l’invasion ou le développement d’une passion ; et, s’ils prévoyaient quelque résultat immédiatement scandaleux, ils savaient le prévenir, soit en vous enivrant, soit en vous improvisant une fable officieuse qui vous dégoûtait de vos poursuites. Mais s’ils voyaient en présence deux acteurs expérimentés dans l’intrigue, ils n’épargnaient rien pour engager et protéger des rapports qui pouvaient rendre les heures légères à des couples bien assortis.

Et d’ailleurs, rien de plus noble et de plus franc que les affaires de cœur qui se traitaient là. En homme de goût, Bambucci avait banni la politique, le jeu et la diplomatie de ses fêtes. Il trouvait que discuter les affaires de l’État, tramer des complots, se ruiner, ou conduire des négociations à travers les plaisirs du bal, c’étaient choses du plus mauvais ton.

Le joyeux Bambucci entendait bien mieux la vie. Il n’y avait pas de cri populaire, pas de murmure subalterne qui parvint à son oreille quand il était en train de s’amuser, le bon prince ! Tout conseiller farouche, tout penseur de mauvais augure, était banni de ses divertissements. Il n’y voulait que des gens aimables, des hommes d’art, comme on dit aujourd’hui, des femmes à la mode, des complaisants, beaucoup de personnes jeunes, quelques femmes laides, seulement pour faire ressortir les belles, et des êtres ridicules, juste ce qu’il en fallait pour divertir le reste de la société.

La majeure partie des convives appartenait donc à cet âge où il y a encore des illusions, et à ces classes intermédiaires qui ont assez de goût pour applaudir, et pas assez de richesse pour dédaigner. C’était le chœur dans l’opéra, c’était une partie du spectacle, une partie nécessaire comme les décors et le souper. Ils ne s’en doutaient pas, ces bons citoyens ; mais ils remplissaient dans les salons de Bambucci le rôle de figurants. Ils avaient bien, en qualité d’acteurs, les profits de la fête, c’est-à-dire, le plaisir ; mais ils n’en avaient pas l’honneur. L’honneur était réservé à un petit nombre, à un certain groupe d’épicuriens choisis que le prince avait à cœur d’éblouir et de charmer. Ceux-là étaient vraiment les invités, les juges, les amis qu’on traitait ; cette foule bruyante et parée qu’on faisait passer sous leurs yeux s’y évertuait de son mieux, en croyant n’agir là que pour son compte ; admirable discernement du prince de Bambucci !

Liseuse Kobo

eBook avec Kobo by Fnac

Des milliers de livres partout avec vous grâce aux liseuses et à l'appli Kobo by Fnac. Une expérience de lecture optimale pour le même confort qu'un livre papier.

En savoir plus

Conseils Fnac

Livre / Sélection
Tout savoir sur la littérature romantique

Mouvement culturel apparu à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et en Allemagne avant de conquérir la France, le romantisme oppose le sentiment à la raison, propose de se... Lire la suite

Mélanie Libraire Fnac.com
Date de publication: 02/05/2022 14:55:00 02/05/2022
Livre / Sélection
Les meilleurs romans français du XIXe siècle

Vous avez un peu de temps devant vous ? Pourquoi ne pas en profiter pour (re)découvrir ces classiques ! Laissez vous guider, direction le XIXe siècle pour un petit tour d’horizon des... Lire la suite

Léon Libraire Fnac.com
Date de publication: 17/06/2021 10:05:00 17/06/2021
Livre / Décryptage
Le rôle de la littérature dans la société : c’est quoi un écrivain engagé ?

Par leurs œuvres ou par leurs actes, nombreux sont les écrivains à s’être engagé dans la vie publique, politique ou sociétale. En s’ancrant dans leur époque, en portant... Lire la suite

Antoine Libraire Fnac.com
Date de publication: 24/02/2020 12:55:00 24/02/2020
Le Cercle Littéraire
George Sand à Nohant de Michelle Perrot : le havre berrichon

LE CERCLE LITTÉRAIRE - Le coup de cœur de Christian R. (Pernes les Fontaines). George Sand tenait cette maison de sa grand-mère paternelle. Elle avait choisi de s’y installer avec son mari,... Lire la suite

notre Cercle Littéraire l'espace où les grands lecteurs partagent leurs coups de cœur.
Date de publication: 29/05/2019 10:35:00 29/05/2019
Livre / Sélection
Le top des romancières qui ont masqué leur identité

L'entrée des femmes en littérature est confirmée au XVIIe siècle, lorsque naît la notion de « femme de lettres ». Cette entrée s'est faite par la... Lire la suite

Juliette libraire sur Fnac.com
Date de publication: 11/03/2019 11:25:00 11/03/2019
Livre / Sélection
À la table des écrivains les plus gourmands

Les écrivains sont parfois de fins gourmets et leur goût pour la bonne bouffe se retrouve dans leurs écrits. On vous propose une liste littéraire des festins culinaires les plus d... Lire la suite

Mathilde libraire sur Fnac.com
Date de publication: 14/02/2017 11:25:00 14/02/2017

Avis clients

Léila

Soyez le premier à partager
votre avis sur ce produit

Tout savoir sur George Sand

George Sand

George Sand

Auteur
George Sand était une écrivaine française née le 1er juillet 1804 à Paris et décédée le 8 juin 1876 à Nohant-Vic. Capable d’écrire tous types de littérature, du roman à la pièce de théâtre en passant par la poésie, elle est l’un des auteurs les plus prolifiques du XIXe siècle en France, avec notamment 70 romans publiés de son vivant. Son style lyrique... Lire la suite

Caractéristiques

Auteur

George Sand

Editeur

GILBERT TEROL

Date de parution

octobre 2018

EAN

1230000212446

ISBN

1230000212446

Type de DRM

Adobe DRM

Droit d'impression

Non autorisé

Droit de Copier/Coller

Non autorisé

Compris dans l'abonnement ebooks

Non

SKU

11876036

Publicité

Publicité