HUETZ DE/SEVIN
Paru en mai 2008
Etude (broché)
Asie-pacifique des crises et des violences
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Dans les années 1980 et jusqu'au milieu des années 1990, l'aire Asie-Pacifique fait figure de nouveau centre de gravité de l'économie mondiale. Certains poussent même le raisonnement jusqu'à prédire la naissance d'une nouvelle civilisation fondée sur les célèbres «valeurs asiatiques». À l'extrême fin du deuxième millénaire, le discours a changé. La crise monétaire qui est partie de Thaïlande le 2 juillet 1997 et s'est étendue, de proche en proche, aux monnaies des pays voisins a déséquilibré l'ensemble régional. La...
Caractéristiques
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- Date de parution
-
mai 2008
- Editeur
- Collection
- Nombre de pages
-
369
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Asie-pacifique des crises et des violences
Résumé
Dans les années 1980 et jusqu'au milieu des années 1990, l'aire Asie-Pacifique fait figure de nouveau centre de gravité de l'économie mondiale. Certains poussent même le raisonnement jusqu'à prédire la naissance d'une nouvelle civilisation fondée sur les célèbres «valeurs asiatiques». À l'extrême fin du deuxième millénaire, le discours a changé. La crise monétaire qui est partie de Thaïlande le 2 juillet 1997 et s'est étendue, de proche en proche, aux monnaies des pays voisins a déséquilibré l'ensemble régional. La tourmente s'est étendue aux bourses, puis a provoqué une crise économique majeure qui, elle-même, a engendré une crise sociale d'une extrême gravité. Celle-ci a miné la stabilité politique des Etats, engendré des troubles sanglants et, parfois, provoqué de véritables crises identitaires. Dix ans après, sur fond d'attentats terroristes, de piraterie en plein essor, de troubles sécessionnistes et de révolutions, voire d'épidémies récurrentes de SRAS, nombre de thèmes ont acquis une nouvelle légitimité : gouvernance, gestion de la diversité culturelle, coût écologique d'un développement mal maîtrisé.
Extrait du livre :
Dans les années 1980 et jusqu'au milieu des années 1990, l'aire Asie-Pacifique fait figure de nouveau centre de gravité de l'économie mondiale. C'est autour du Pacifique que s'articulent les économies dominantes à l'échelle mondiale (États-Unis, Japon), les économies en croissance rapide des Quatre Dragons (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, Singapour), de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, et les économies en devenir des régions à fort potentiel de développement (Chine, Malaisie, Indonésie, Vietnam, pays de l'Amérique centrale et andine, en particulier Mexique et Chili).
On dit généralement que c'est la croissance japonaise dans les années 1970 qui explique celle des pays voisins dans les années qui suivent. Ceux-ci, désireux d'imiter le modèle de croissance japonais, ont bénéficié les premiers des délocalisations rendues inévitables par la hausse des salaires japonais et par l'appréciation continue du yen. Ce processus qui, dans un premier temps, a affecté Hong Kong, la Corée du Sud et Taïwan, a concerné ensuite les pays des rivages asiatiques du Pacifique : les pays d'économie libérale d'abord (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines), puis les pays communistes, au fur et à mesure de leur ouverture à l'économie de marché (régions côtières de la Chine, Vietnam). L'existence de puissantes communautés chinoises, bien intégrées et disséminées dans toute la région, capables de servir de relais aux investissements étrangers, a été présentée comme un atout supplémentaire.
On a également beaucoup insisté sur la dimension culturelle de ce «miracle». L'histoire a été mise à contribution : le développement précoce d'états hydrauliques et le fort encadrement social qui en a résulté ont permis d'expliquer la rigueur professionnelle et la discipline dont font preuve les salariés. La faiblesse des revendications sociales, le peu d'importance des grèves et des mouvements sociaux ont été mis sur le compte de cultures fortement marquées par le bouddhisme et l'importance accordée au karma. Le confucianisme a permis de rendre compte des raisons du maintien des hiérarchies et du principe d'autorité. On a aussi beaucoup parlé du modèle japonais : on a expliqué ses succès économiques en faisant référence aux valeurs suprêmes de la société nippone : recherche du consensus, apprentissage de la vie en société, respect des maîtres, importance accordée à l'éducation et au savoir.
Les liens étroits entre croissance économique et stabilité politique ont été largement soulignés. Fonctionnant à double sens, la croissance économique de la région favorisant la stabilité des États, et la stabilité des Etats encourageant les investissements :
[...] la première leçon à tirer [...] est que le boom économique en Asie du Sud-Est contribue fortement à stabiliser des Etats dont on oublie trop souvent qu'ils se trouvaient, il y a à peine un quart de siècle, à l'aube du développement [...]. Pour le moment, stabilité et croissance vont de pair. Si les liens entre développement et démocratie ne sont pas toujours évidents, ils le sont bien davantage, en revanche, entre stabilité et expansion économique.
Extrait de l'introduction de Christian Huetz de Lemps et Olivier Sevin
Extrait du livre :
Dans les années 1980 et jusqu'au milieu des années 1990, l'aire Asie-Pacifique fait figure de nouveau centre de gravité de l'économie mondiale. C'est autour du Pacifique que s'articulent les économies dominantes à l'échelle mondiale (États-Unis, Japon), les économies en croissance rapide des Quatre Dragons (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, Singapour), de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, et les économies en devenir des régions à fort potentiel de développement (Chine, Malaisie, Indonésie, Vietnam, pays de l'Amérique centrale et andine, en particulier Mexique et Chili).
On dit généralement que c'est la croissance japonaise dans les années 1970 qui explique celle des pays voisins dans les années qui suivent. Ceux-ci, désireux d'imiter le modèle de croissance japonais, ont bénéficié les premiers des délocalisations rendues inévitables par la hausse des salaires japonais et par l'appréciation continue du yen. Ce processus qui, dans un premier temps, a affecté Hong Kong, la Corée du Sud et Taïwan, a concerné ensuite les pays des rivages asiatiques du Pacifique : les pays d'économie libérale d'abord (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines), puis les pays communistes, au fur et à mesure de leur ouverture à l'économie de marché (régions côtières de la Chine, Vietnam). L'existence de puissantes communautés chinoises, bien intégrées et disséminées dans toute la région, capables de servir de relais aux investissements étrangers, a été présentée comme un atout supplémentaire.
On a également beaucoup insisté sur la dimension culturelle de ce «miracle». L'histoire a été mise à contribution : le développement précoce d'états hydrauliques et le fort encadrement social qui en a résulté ont permis d'expliquer la rigueur professionnelle et la discipline dont font preuve les salariés. La faiblesse des revendications sociales, le peu d'importance des grèves et des mouvements sociaux ont été mis sur le compte de cultures fortement marquées par le bouddhisme et l'importance accordée au karma. Le confucianisme a permis de rendre compte des raisons du maintien des hiérarchies et du principe d'autorité. On a aussi beaucoup parlé du modèle japonais : on a expliqué ses succès économiques en faisant référence aux valeurs suprêmes de la société nippone : recherche du consensus, apprentissage de la vie en société, respect des maîtres, importance accordée à l'éducation et au savoir.
Les liens étroits entre croissance économique et stabilité politique ont été largement soulignés. Fonctionnant à double sens, la croissance économique de la région favorisant la stabilité des États, et la stabilité des Etats encourageant les investissements :
[...] la première leçon à tirer [...] est que le boom économique en Asie du Sud-Est contribue fortement à stabiliser des Etats dont on oublie trop souvent qu'ils se trouvaient, il y a à peine un quart de siècle, à l'aube du développement [...]. Pour le moment, stabilité et croissance vont de pair. Si les liens entre développement et démocratie ne sont pas toujours évidents, ils le sont bien davantage, en revanche, entre stabilité et expansion économique.
Extrait de l'introduction de Christian Huetz de Lemps et Olivier Sevin
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Caractéristiques
- Auteur
-
HUETZ DE/SEVIN
- Editeur
- Date de parution
-
mai 2008
- Collection
- EAN
-
9782840505716
- Poids
-
0,6750kg
- ISBN
-
2840505711
- Illustration
-
Illustrations noir et blanc
- Nombre de pages
-
369
- Format
-
16,00 x 23,90 x 2,40 cm
- SKU
-
1743395
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