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Résumé
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Héritier actif des Lumières (et l'on verra à la lecture de la préface que Tillier le fut très tôt) l'auteur a prêté à son personnage certains de ses traits, une vigueur intellectuelle, des choix philosophiques, un sens du concret que caractérise un bel entrain jubilatoire. Truculent orateur, pédagogue populaire, moraliste averti, Benjamin possède au plus haut degré une qualité souvent commentée de nos jours mais fort rare à l'époque : il sait démystifier. C'est là que se rencontre sans doute le mieux la personnalité...
Caractéristiques
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- Date de parution
-
octobre 2007
- Editeur
- Collection
- Nombre de pages
-
310
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Mon oncle benjamin
Résumé
Héritier actif des Lumières (et l'on verra à la lecture de la préface que Tillier le fut très tôt) l'auteur a prêté à son personnage certains de ses traits, une vigueur intellectuelle, des choix philosophiques, un sens du concret que caractérise un bel entrain jubilatoire. Truculent orateur, pédagogue populaire, moraliste averti, Benjamin possède au plus haut degré une qualité souvent commentée de nos jours mais fort rare à l'époque : il sait démystifier. C'est là que se rencontre sans doute le mieux la personnalité singulière de ce médecin de campagne, républicain absolu - nous dirions aujourd'hui progressiste -bon vivant mais aussi bon scientifique. Son mode de raisonnement, ses alertes propos, ses conclusions politiques le rapprochent nettement des passionnants pamphlets de Claude Tillier, non moins attachants que ceux de Paul-Louis Courier, son aîné.
Certains ont relevé, en divers écrits, comme des traits de prémarxisme. On y trouve aussi, dans la même logique, des rappels de Gracchus Babeuf. Mort jeune (à quarante trois ans) Tillier a laissé une oeuvre imposante et que domine, en effet, ce fameux oncle prénommé Benjamin.
Roger Bordier
Extrait du livre :
Comment mon oncle fit la rencontre d'un vieux sergent et d'un caniche, ce qui l'empêche d'aller chez M. Minxit
Le lendemain, à huit heures du matin, mon oncle était frais et accommodé ; il n'attendait plus pour partir qu'une paire de souliers que devait lui apporter Cicéron, ce fameux préconiseur dont nous avons déjà parlé, et qui cumulait la profession de cordonnier avec celle de tambour.
Cicéron ne tarda pas à arriver. À cette époque de bonne franquette, c'était la coutume, quand un ouvrier apportait de l'ouvrage dans une maison, qu'on ne le laissât pas sortir sans lui avoir fait boire quelques verres de vin. C'était d'un mauvais genre, j'en conviens ; mais ces procédés bienveillants rapprochaient les conditions : le pauvre savait gré au riche des concessions qu'il lui faisait et ne le jalousait point. Aussi a-t-on vu, pendant la Révolution, d'admirables dévouements de serviteurs envers leurs maîtres, de fermiers envers leurs seigneurs, d'ouvriers envers leurs patrons qui, à notre époque de morgue insolente et de ridicule orgueil, ne se reproduiraient certainement plus.
Benjamin pria sa soeur d'aller tirer une bouteille de vin blanc, pour trinquer avec Cicéron. Sa soeur en tire une, puis deux, puis trois et jusqu'à sept.
- Ma chère soeur, je vous en prie, encore une bouteille.
- Mais tu ne sais donc pas, malheureux, que tu en es à la huitième.
- Vous savez bien, chère soeur, que nous ne comptons pas ensemble.
- Mais tu sais bien, toi, que tu as un voyage à faire.
- Encore cette dernière bouteille, et je pars.
- Oui, tu es dans un bel état pour partir ! Et si on venait te chercher pour visiter un malade ?
- Que vous savez peu, ma bonne soeur, apprécier les effets du vin !... On voit que vous ne buvez que les eaux limpides du Beuvron. Faut-il partir ? Mon centre de gravité est toujours à la même place. Faut-il saigner ?... Mais à propos, ma soeur, il faut que je vous saigne. Machecourt me l'a recommandé en partant. Vous vous plaigniez ce matin d'un grand mal de tête, une saignée vous fera du bien.
Et Benjamin de tirer sa trousse et ma grand-mère de s'armer des pincettes.
- Diable ! Vous faites une malade bien récalcitrante. Eh bien ! transigeons ; je ne vous saignerai point et vous irez nous tirer une huitième bouteille de vin.
- Je n'en tirerai pas un verre.
- Ce sera donc moi qui la tirerai, dit Benjamin ; et prenant la bouteille, il se dirigea vers la cave.
Certains ont relevé, en divers écrits, comme des traits de prémarxisme. On y trouve aussi, dans la même logique, des rappels de Gracchus Babeuf. Mort jeune (à quarante trois ans) Tillier a laissé une oeuvre imposante et que domine, en effet, ce fameux oncle prénommé Benjamin.
Roger Bordier
Extrait du livre :
Comment mon oncle fit la rencontre d'un vieux sergent et d'un caniche, ce qui l'empêche d'aller chez M. Minxit
Le lendemain, à huit heures du matin, mon oncle était frais et accommodé ; il n'attendait plus pour partir qu'une paire de souliers que devait lui apporter Cicéron, ce fameux préconiseur dont nous avons déjà parlé, et qui cumulait la profession de cordonnier avec celle de tambour.
Cicéron ne tarda pas à arriver. À cette époque de bonne franquette, c'était la coutume, quand un ouvrier apportait de l'ouvrage dans une maison, qu'on ne le laissât pas sortir sans lui avoir fait boire quelques verres de vin. C'était d'un mauvais genre, j'en conviens ; mais ces procédés bienveillants rapprochaient les conditions : le pauvre savait gré au riche des concessions qu'il lui faisait et ne le jalousait point. Aussi a-t-on vu, pendant la Révolution, d'admirables dévouements de serviteurs envers leurs maîtres, de fermiers envers leurs seigneurs, d'ouvriers envers leurs patrons qui, à notre époque de morgue insolente et de ridicule orgueil, ne se reproduiraient certainement plus.
Benjamin pria sa soeur d'aller tirer une bouteille de vin blanc, pour trinquer avec Cicéron. Sa soeur en tire une, puis deux, puis trois et jusqu'à sept.
- Ma chère soeur, je vous en prie, encore une bouteille.
- Mais tu ne sais donc pas, malheureux, que tu en es à la huitième.
- Vous savez bien, chère soeur, que nous ne comptons pas ensemble.
- Mais tu sais bien, toi, que tu as un voyage à faire.
- Encore cette dernière bouteille, et je pars.
- Oui, tu es dans un bel état pour partir ! Et si on venait te chercher pour visiter un malade ?
- Que vous savez peu, ma bonne soeur, apprécier les effets du vin !... On voit que vous ne buvez que les eaux limpides du Beuvron. Faut-il partir ? Mon centre de gravité est toujours à la même place. Faut-il saigner ?... Mais à propos, ma soeur, il faut que je vous saigne. Machecourt me l'a recommandé en partant. Vous vous plaigniez ce matin d'un grand mal de tête, une saignée vous fera du bien.
Et Benjamin de tirer sa trousse et ma grand-mère de s'armer des pincettes.
- Diable ! Vous faites une malade bien récalcitrante. Eh bien ! transigeons ; je ne vous saignerai point et vous irez nous tirer une huitième bouteille de vin.
- Je n'en tirerai pas un verre.
- Ce sera donc moi qui la tirerai, dit Benjamin ; et prenant la bouteille, il se dirigea vers la cave.
Avis clients
Mon oncle benjamin
4/5
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Mich T
4
Le plus utile
Avis spontané
Avis posté le 18 mai 2016 dont l'origine n'a pas pu être contrôlée.
Découverte...
Il est toujours très amusant de lire le livre qui a inspiré un film... c'est rarement vrai dans l'autre sens, j'entends, voir le film après avoir lu le livre. Le livre a des longueurs - les discours de Benjamin - sans... Lire la suite
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Caractéristiques
- Auteur
- Editeur
- Date de parution
-
octobre 2007
- Collection
- EAN
-
9782841096473
- Poids
-
0,3700kg
- ISBN
-
2841096475
- Illustration
-
Pas d'illustrations
- Nombre de pages
-
310
- Format
-
14,10 x 19,50 x 2,30 cm
- SKU
-
1698720
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