Guerre aux migrants
Le livre de Ceuta et Melilla
Résumé
Voir tout
À l'automne 2005, au nord du Maroc, une dizaine de personnes originaires de l'autre «rive du Sahara» sont abattues alors qu'elles tentent de pénétrer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Le monde découvre alors l'existence de ces migrants prêts aux pires sacrifices pour fuir leurs pays et rejoindre les rivages européens. Ce livre noir raconte leurs itinéraires, les avanies qu'ils ont subies, l'assaut des barrières espagnoles, les rafles, la déportation dans le désert, l'isolement, mais aussi la solidarité, les...
Caractéristiques
Voir tout
- Date de parution
-
mai 2007
- Editeur
- Collection
- Format
-
11cm x 17cm
- Nombre de pages
-
128
Guerre aux migrants
Résumé
À l'automne 2005, au nord du Maroc, une dizaine de personnes originaires de l'autre «rive du Sahara» sont abattues alors qu'elles tentent de pénétrer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Le monde découvre alors l'existence de ces migrants prêts aux pires sacrifices pour fuir leurs pays et rejoindre les rivages européens. Ce livre noir raconte leurs itinéraires, les avanies qu'ils ont subies, l'assaut des barrières espagnoles, les rafles, la déportation dans le désert, l'isolement, mais aussi la solidarité, les espoirs.
Il montre aussi que ces événements sont une conséquence de la politique de l'Union européenne visant à sécuriser ses frontières extérieures et à contraindre les candidats à la migration à rester dans leur pays. La guerre aux migrants est déclarée !
Extrait du livre :
Du renforcement du contrôle des frontières européennes à la déportation dans le désert
Anne-Sophie Wender
Le 29 septembre 2005, la communauté internationale découvrait la situation des migrants et demandeurs d'asile en transit au Maroc, après la mort d'au moins cinq personnes lors d'une tentative d'«attaque massive» - selon l'expression consacrée - des grillages de Ceuta.
Depuis plusieurs années déjà, des centaines de migrants se réfugiaient dans les forêts proches des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, petits morceaux de l'espace Schengen en terre africaine, dans l'espoir de franchir un jour les grillages qui les séparent du territoire européen. Leurs campements de fortune, qu'ils appellent leurs «ghettos», étaient dissimulés à quelques kilomètres des grillages sur le mont Gourougou près de Melilla et dans la dense forêt de Bel Younech proche de Ceuta. Dans des conditions difficiles liées au climat, à l'isolement et surtout à la répression policière aussi bien marocaine - avec des rafles violentes dans les camps entraînant le saccage des cabanes, la réquisition des biens, des arrestations et des violences - qu'espagnole - avec des tabassages et l'usage d'armes munies de balles en caoutchouc aux abords des grillages de Ceuta et Melilla - ces migrants attendaient des mois, parfois des années, le moment où ils parviendraient à «passer» du côté espagnol grâce à des échelles fabriquées avec le bois des forêts. Passage bien difficile puisqu'il ne s'agit pas seulement d'escalader un grillage et ses barbelés mais aussi d'échapper à la vigilance des forces de l'ordre marocaines qui surveillent la zone et surtout à celle de la Guardia Civil qui arrête et refoule, sans aucune formalité ni respect des conventions internationales, la plus grande partie des migrants et demandeurs d'asile parvenant à passer en Espagne.
«Pour vivre en forêt, il faut être optimiste, te dire que chaque jour tu vas partir, il faut avoir la rage et ne penser qu'à passer.»
Pierre V., Camerounais, Rabat, le 3 octobre 2005
À la fin de l'année 2004, la répression s'est considérablement durcie, conséquence des pressions exercées sur le Maroc afin de le contraindre à lutter avec ses partenaires européens contre l'immigration «clandestine». Le campement de Gourougou, proche de Melilla, a été petit à petit vidé à coup de violentes rafles successives. Cette opération, comme d'autres depuis 2003, coïncidait avec la visite d'un officiel européen, en l'occurrence celle du roi Juan Carlos, en janvier 2005. Un rapport de Médecins sans frontières' indique qu'entre le 12 et le 14 janvier 2005 se déroule «la plus importante rafle connue» jusqu'alors : 1 200 membres des forces de sécurité marocaines, 25 véhicules tout terrain, trois hélicoptères et la garde de la cavalerie sont mobilisés. Quelques semaines plus tard, afin de dissuader les migrants de revenir, des membres des forces auxiliaires marocaines sont installés dans un campement proche de l'emplacement habituel des «ghettos». Les migrants continueront pourtant de tenter leur chance du côté de Melilla, mais en étant contraints de se diviser en petits groupes dans les forêts alentour, ce qui les rend plus vulnérables, les risques d'agressions étant plus nombreux et l'accès des ONG beaucoup plus difficile.
Il montre aussi que ces événements sont une conséquence de la politique de l'Union européenne visant à sécuriser ses frontières extérieures et à contraindre les candidats à la migration à rester dans leur pays. La guerre aux migrants est déclarée !
Extrait du livre :
Du renforcement du contrôle des frontières européennes à la déportation dans le désert
Anne-Sophie Wender
Le 29 septembre 2005, la communauté internationale découvrait la situation des migrants et demandeurs d'asile en transit au Maroc, après la mort d'au moins cinq personnes lors d'une tentative d'«attaque massive» - selon l'expression consacrée - des grillages de Ceuta.
Depuis plusieurs années déjà, des centaines de migrants se réfugiaient dans les forêts proches des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, petits morceaux de l'espace Schengen en terre africaine, dans l'espoir de franchir un jour les grillages qui les séparent du territoire européen. Leurs campements de fortune, qu'ils appellent leurs «ghettos», étaient dissimulés à quelques kilomètres des grillages sur le mont Gourougou près de Melilla et dans la dense forêt de Bel Younech proche de Ceuta. Dans des conditions difficiles liées au climat, à l'isolement et surtout à la répression policière aussi bien marocaine - avec des rafles violentes dans les camps entraînant le saccage des cabanes, la réquisition des biens, des arrestations et des violences - qu'espagnole - avec des tabassages et l'usage d'armes munies de balles en caoutchouc aux abords des grillages de Ceuta et Melilla - ces migrants attendaient des mois, parfois des années, le moment où ils parviendraient à «passer» du côté espagnol grâce à des échelles fabriquées avec le bois des forêts. Passage bien difficile puisqu'il ne s'agit pas seulement d'escalader un grillage et ses barbelés mais aussi d'échapper à la vigilance des forces de l'ordre marocaines qui surveillent la zone et surtout à celle de la Guardia Civil qui arrête et refoule, sans aucune formalité ni respect des conventions internationales, la plus grande partie des migrants et demandeurs d'asile parvenant à passer en Espagne.
«Pour vivre en forêt, il faut être optimiste, te dire que chaque jour tu vas partir, il faut avoir la rage et ne penser qu'à passer.»
Pierre V., Camerounais, Rabat, le 3 octobre 2005
À la fin de l'année 2004, la répression s'est considérablement durcie, conséquence des pressions exercées sur le Maroc afin de le contraindre à lutter avec ses partenaires européens contre l'immigration «clandestine». Le campement de Gourougou, proche de Melilla, a été petit à petit vidé à coup de violentes rafles successives. Cette opération, comme d'autres depuis 2003, coïncidait avec la visite d'un officiel européen, en l'occurrence celle du roi Juan Carlos, en janvier 2005. Un rapport de Médecins sans frontières' indique qu'entre le 12 et le 14 janvier 2005 se déroule «la plus importante rafle connue» jusqu'alors : 1 200 membres des forces de sécurité marocaines, 25 véhicules tout terrain, trois hélicoptères et la garde de la cavalerie sont mobilisés. Quelques semaines plus tard, afin de dissuader les migrants de revenir, des membres des forces auxiliaires marocaines sont installés dans un campement proche de l'emplacement habituel des «ghettos». Les migrants continueront pourtant de tenter leur chance du côté de Melilla, mais en étant contraints de se diviser en petits groupes dans les forêts alentour, ce qui les rend plus vulnérables, les risques d'agressions étant plus nombreux et l'accès des ONG beaucoup plus difficile.
Avis clients
Guerre aux migrants
Soyez le premier à partager
votre avis sur ce produit
Caractéristiques
- Auteur
-
Anne-Sophie Wender
- Editeur
- Date de parution
-
mai 2007
- Collection
- EAN
-
9782849501382
- ISBN
-
2849501387
- Illustration
-
Pas d'illustrations
- Nombre de pages
-
128
- Format
-
11cm x 17cm
- SKU
-
1650560
Publicité
A voir aussi
Publicité