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Une vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l'asile de Montdevergues, et l'homme qu'elle attend est son frère. Il s'appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille.
Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante....
Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante....
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Résumé
Une vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l'asile de Montdevergues, et l'homme qu'elle attend est son frère. Il s'appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille.
Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante.
Michèle Desbordes a obtenu pour La Demande, en 1999, le Prix du roman France Télévision, le Prix du jury Jean Giono et le Prix des auditeurs de la RTBF.
Extrait du livre :
Et déjà il me semble bien qu'elle parlait de la fin des choses. C'est-à-dire que là-bas, dans le temps, déjà elle se souvenait, très tôt soupçonnant ce qui, des bonheurs ou de simples instants de trêve, allait disparaître pour ne plus revenir ; à tout le moins ce qui des rêves qu'ils avaient, chacun d'eux, non seulement réclamerait son tribut, mais ne saurait, en raison d'invisibles, impitoyables lois, se déployer haut et clair, et si évidemment que le reste ne pourrait qu'en dépendre, jamais elle ne s'apaiserait de rien.
Alors ce matin de mars, elle devait savoir qu'il arriverait. Qu'il fût ou non matin de mars, et grands et lourds chevaux qui venaient la prendre et l'emporter loin de chez elle. Et ça devait faire un bout de temps qu'elle le savait, un bout de temps que le doute, le soupçon faisaient leur besogne, tout le dit, et l'attente et la peur dont elle parle, cette habitude qu'elle prit de ne plus sortir de l'atelier, ou plus tard de s'y enfermer, et si tout se mêlait encore des gaietés et des tristesses, ces soudaines, insoupçonnables mélancolies qu'elle savait d'un mouvement ou d'un rire si bien cacher, il y avait là depuis longtemps, pareille à une menace, l'idée que rien d'heureux ou de grand ne pourrait durer; qu'un jour viendrait où, comme à l'issue d'un combat, il faudrait baisser les armes et se rendre, d'une de ces redditions sans retour ni pardon, et alors pour elle tout serait fini. Tout serait fini, et ils auraient chacun d'eux, elle et lui, à en dire, c'est pourquoi jamais ils n'en parleraient. Ni dans ces jours-là, ni plus tard.
Ce matin tiède et gris de printemps, un de ces matins comme il y en a parfois lorsque le vent tombe, avec dans l'air une sorte de trêve, d'insupportable douceur - et sans doute, se dit-on, allait-il pleuvoir ou peut-être déjà, à petites gouttes rares, silencieuses, la pluie sans qu'on s'en aperçût avait-elle commencé - oui ce matin-là quand, debout derrière ses volets fermés, guettant les bruits et les voix dans la rue comme on guette ce qui arrive et ne peut qu'arriver, elle entendait les chevaux s'arrêter devant l'atelier. Elle entendait les chevaux, le crissement dur des roues sur le pavé, et bientôt les hommes qui descendant de voiture et parlant à voix basse regardaient de son côté, l'apercevaient debout derrière les persiennes, et alors d'un geste du menton l'un d'eux la désignait, désignait la forme pâle, immobile, à demi cachée et tremblante derrière la claire-voie.
Trente années dans le parc, près d'Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l'amour et de la beauté. De la haine. De l'abandon. Et de ce que c'est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante.
Michèle Desbordes a obtenu pour La Demande, en 1999, le Prix du roman France Télévision, le Prix du jury Jean Giono et le Prix des auditeurs de la RTBF.
Extrait du livre :
Et déjà il me semble bien qu'elle parlait de la fin des choses. C'est-à-dire que là-bas, dans le temps, déjà elle se souvenait, très tôt soupçonnant ce qui, des bonheurs ou de simples instants de trêve, allait disparaître pour ne plus revenir ; à tout le moins ce qui des rêves qu'ils avaient, chacun d'eux, non seulement réclamerait son tribut, mais ne saurait, en raison d'invisibles, impitoyables lois, se déployer haut et clair, et si évidemment que le reste ne pourrait qu'en dépendre, jamais elle ne s'apaiserait de rien.
Alors ce matin de mars, elle devait savoir qu'il arriverait. Qu'il fût ou non matin de mars, et grands et lourds chevaux qui venaient la prendre et l'emporter loin de chez elle. Et ça devait faire un bout de temps qu'elle le savait, un bout de temps que le doute, le soupçon faisaient leur besogne, tout le dit, et l'attente et la peur dont elle parle, cette habitude qu'elle prit de ne plus sortir de l'atelier, ou plus tard de s'y enfermer, et si tout se mêlait encore des gaietés et des tristesses, ces soudaines, insoupçonnables mélancolies qu'elle savait d'un mouvement ou d'un rire si bien cacher, il y avait là depuis longtemps, pareille à une menace, l'idée que rien d'heureux ou de grand ne pourrait durer; qu'un jour viendrait où, comme à l'issue d'un combat, il faudrait baisser les armes et se rendre, d'une de ces redditions sans retour ni pardon, et alors pour elle tout serait fini. Tout serait fini, et ils auraient chacun d'eux, elle et lui, à en dire, c'est pourquoi jamais ils n'en parleraient. Ni dans ces jours-là, ni plus tard.
Ce matin tiède et gris de printemps, un de ces matins comme il y en a parfois lorsque le vent tombe, avec dans l'air une sorte de trêve, d'insupportable douceur - et sans doute, se dit-on, allait-il pleuvoir ou peut-être déjà, à petites gouttes rares, silencieuses, la pluie sans qu'on s'en aperçût avait-elle commencé - oui ce matin-là quand, debout derrière ses volets fermés, guettant les bruits et les voix dans la rue comme on guette ce qui arrive et ne peut qu'arriver, elle entendait les chevaux s'arrêter devant l'atelier. Elle entendait les chevaux, le crissement dur des roues sur le pavé, et bientôt les hommes qui descendant de voiture et parlant à voix basse regardaient de son côté, l'apercevaient debout derrière les persiennes, et alors d'un geste du menton l'un d'eux la désignait, désignait la forme pâle, immobile, à demi cachée et tremblante derrière la claire-voie.
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Caractéristiques
- Auteur
- Editeur
- Date de parution
-
mai 2007
- Collection
- EAN
-
9782864325031
- Poids
-
0,1050kg
- ISBN
-
2864325039
- Illustration
-
Pas d'illustrations
- Format
-
10,80 x 17,80 x 0,70 cm
- SKU
-
1648380
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