Occupation et répression militaire allemande
Résumé
Voir tout
Un regard neuf sur des périodes historiques cruciales ou à travers les moments phares de la vie d'hommes et de femmes qui ont accompagné ces mouvements.
Aujourd'hui encore, l'image de la Wehrmacht demeure ambiguë, son rôle dans la Seconde Guerre mondiale faisant toujours l'objet de controverses. Le renouvellement historiographique sur les crimes de l'armée allemande à l'Est a eu tendance à établir une distinction de nature entre le comportement des militaires à l'Ouest - qui seraient dans une large mesure restés soucieux...
Aujourd'hui encore, l'image de la Wehrmacht demeure ambiguë, son rôle dans la Seconde Guerre mondiale faisant toujours l'objet de controverses. Le renouvellement historiographique sur les crimes de l'armée allemande à l'Est a eu tendance à établir une distinction de nature entre le comportement des militaires à l'Ouest - qui seraient dans une large mesure restés soucieux...
Caractéristiques
Voir tout
Pour aller plus loin
Professionnels ?
Profitez des prix négociés
Autres offres
Occupation et répression militaire allemande
Résumé
Un regard neuf sur des périodes historiques cruciales ou à travers les moments phares de la vie d'hommes et de femmes qui ont accompagné ces mouvements.
Aujourd'hui encore, l'image de la Wehrmacht demeure ambiguë, son rôle dans la Seconde Guerre mondiale faisant toujours l'objet de controverses. Le renouvellement historiographique sur les crimes de l'armée allemande à l'Est a eu tendance à établir une distinction de nature entre le comportement des militaires à l'Ouest - qui seraient dans une large mesure restés soucieux du respect des conventions internationales - et celui des troupes engagées à l'Est - qui les auraient systématiquement bafouées. Vision diabolisante de la résistance conjuguée avec la peur fantasmatique du "judéo-bolchevisme", porosité de la frontière entre répression des oppositions et persécution des juifs sont pourtant des mécanismes de radicalisation qui ont joué dans l'ensemble de l'Europe occupée. Ainsi, c'est la question de la perméabilité des pratiques répressives des instances militaires allemandes sur les deux fronts que cet ouvrage se propose d'examiner en faisant le point sur le nouveau regard que l'historiographie récente porte sur le rôle joué par l'appareil militaire allemand dans la radicalisation de la violence allemande en Europe occupée.
Gaël Eismann, agrégée et docteure en histoire, a été détachée au CNRS et affectée à l'IHTP en qualité de chargée de recherche.
Stefan Martens est directeur adjoint de l'Institut historique allemand de Paris et auteur de nombreux ouvrages sur les relations franco-allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Avec des contributions de Jochen Böhler, Marjorie Courtoy, Christian Gerlach, Pieter Lagrou, Peter Lieb, Claudia Moisel, Dieter Pohl, Steffen Prauser.
Jean-Pierre Azéma, le préfacier, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et notamment de Vichy et de la Résistance.
Extrait du livre :
L'ADVERSAIRE IMAGINAIRE : «GUERRE DES FRANCS-TIREURS» DE L'ARMÉE ALLEMANDE EN BELGIQUE EN 1914 ET DE LA WEHRMACHT EN POLOGNE EN 1939. CONSIDÉRATIONS COMPARATIVES
Jochen Böhler
Le 19 août 1914, alors que l'armée allemande avait déjà envahi depuis deux semaines la Belgique neutre, des unités de la IIe armée pénétrèrent dans la petite ville d'Andenne, sur la Meuse, désertée par l'armée belge. Les habitants n'opposèrent aucune résistance, alors que des troupes d'occupation allemandes commençaient à se déployer en nombre croissant dans toute la bourgade.
Le 20 août, en fin d'après-midi, une fusillade se produisit dans la ville, qui aboutit à l'un des plus grands massacres de civils ayant eu lieu lors de l'avancée allemande en Belgique en 1914. Des coups de feu tirés par des soldats nerveux sur leurs propres troupes, à la suite d'une explosion sur l'autre rive de la Meuse, furent probablement à l'origine de cette fusillade. Les soldats du 83e régiment d'infanterie, des 1er et 2e régiments d'arrière-garde et du 28e bataillon de pionniers, croyant être la cible d'une attaque de civils belges, commencèrent à fouiller les maisons de la localité et exécutèrent arbitrairement des civils dans les rues de la ville. Aux exécutions sommaires succédèrent des exécutions de citoyens condamnés par un tribunal militaire : 219 civils (hommes, femmes et enfants) furent victimes à Andenne d'exactions allemandes, et de nombreux bâtiments furent incendiés. Huit soldats tombèrent côté allemand. Les soldats allemands qui procédèrent aux exécutions à Andenne et dans ses environs estimaient être dans leur droit, malgré la disproportion évidente qui exclut une attaque concertée de civils belges contre l'armée allemande : «Nous avons peu à peu incendié diverses fermes, d'où provenaient les coups de feu que les habitants tiraient sur nous [...]. Les gens tiraient sur nous comme des fous, sans provoquer de dégâts importants.»
Aujourd'hui encore, l'image de la Wehrmacht demeure ambiguë, son rôle dans la Seconde Guerre mondiale faisant toujours l'objet de controverses. Le renouvellement historiographique sur les crimes de l'armée allemande à l'Est a eu tendance à établir une distinction de nature entre le comportement des militaires à l'Ouest - qui seraient dans une large mesure restés soucieux du respect des conventions internationales - et celui des troupes engagées à l'Est - qui les auraient systématiquement bafouées. Vision diabolisante de la résistance conjuguée avec la peur fantasmatique du "judéo-bolchevisme", porosité de la frontière entre répression des oppositions et persécution des juifs sont pourtant des mécanismes de radicalisation qui ont joué dans l'ensemble de l'Europe occupée. Ainsi, c'est la question de la perméabilité des pratiques répressives des instances militaires allemandes sur les deux fronts que cet ouvrage se propose d'examiner en faisant le point sur le nouveau regard que l'historiographie récente porte sur le rôle joué par l'appareil militaire allemand dans la radicalisation de la violence allemande en Europe occupée.
Gaël Eismann, agrégée et docteure en histoire, a été détachée au CNRS et affectée à l'IHTP en qualité de chargée de recherche.
Stefan Martens est directeur adjoint de l'Institut historique allemand de Paris et auteur de nombreux ouvrages sur les relations franco-allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Avec des contributions de Jochen Böhler, Marjorie Courtoy, Christian Gerlach, Pieter Lagrou, Peter Lieb, Claudia Moisel, Dieter Pohl, Steffen Prauser.
Jean-Pierre Azéma, le préfacier, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et notamment de Vichy et de la Résistance.
Extrait du livre :
L'ADVERSAIRE IMAGINAIRE : «GUERRE DES FRANCS-TIREURS» DE L'ARMÉE ALLEMANDE EN BELGIQUE EN 1914 ET DE LA WEHRMACHT EN POLOGNE EN 1939. CONSIDÉRATIONS COMPARATIVES
Jochen Böhler
Le 19 août 1914, alors que l'armée allemande avait déjà envahi depuis deux semaines la Belgique neutre, des unités de la IIe armée pénétrèrent dans la petite ville d'Andenne, sur la Meuse, désertée par l'armée belge. Les habitants n'opposèrent aucune résistance, alors que des troupes d'occupation allemandes commençaient à se déployer en nombre croissant dans toute la bourgade.
Le 20 août, en fin d'après-midi, une fusillade se produisit dans la ville, qui aboutit à l'un des plus grands massacres de civils ayant eu lieu lors de l'avancée allemande en Belgique en 1914. Des coups de feu tirés par des soldats nerveux sur leurs propres troupes, à la suite d'une explosion sur l'autre rive de la Meuse, furent probablement à l'origine de cette fusillade. Les soldats du 83e régiment d'infanterie, des 1er et 2e régiments d'arrière-garde et du 28e bataillon de pionniers, croyant être la cible d'une attaque de civils belges, commencèrent à fouiller les maisons de la localité et exécutèrent arbitrairement des civils dans les rues de la ville. Aux exécutions sommaires succédèrent des exécutions de citoyens condamnés par un tribunal militaire : 219 civils (hommes, femmes et enfants) furent victimes à Andenne d'exactions allemandes, et de nombreux bâtiments furent incendiés. Huit soldats tombèrent côté allemand. Les soldats allemands qui procédèrent aux exécutions à Andenne et dans ses environs estimaient être dans leur droit, malgré la disproportion évidente qui exclut une attaque concertée de civils belges contre l'armée allemande : «Nous avons peu à peu incendié diverses fermes, d'où provenaient les coups de feu que les habitants tiraient sur nous [...]. Les gens tiraient sur nous comme des fous, sans provoquer de dégâts importants.»
Avis clients
Occupation et répression militaire allemande
Soyez le premier à partager
votre avis sur ce produit
Artistes du même univers
Caractéristiques
- Auteur
- Editeur
- Date de parution
-
janvier 2008
- Collection
- EAN
-
9782746709300
- Poids
-
0,3400kg
- ISBN
-
2746709309
- Illustration
-
Pas d'illustrations
- Nombre de pages
-
264
- Format
-
15,00 x 23,00 x 1,90 cm
- SKU
-
1599032
Publicité
Publicité