Carnets du Caire T01 Samir
Tome 01
Avis de la Fnac
Parole d'éditeur : les Rêveurs
Quand sont nés Les Rêveurs de runes ? Avec quelle ambition ?
Nico : Les Rêveurs de runes ont été créées en 1988 par un groupe d'amis, dont le but initial était de se retrouver pour jouer aux jeux de rôles ! Ce n'est que trois ans plus tard que nous créons un fanzine faisant le lien entre la littérature, la bande dessinée et le jeu de rôle.
Cette envie de publier n'est pas venue de suite, ce sont surtout les rencontres qui nous ont poussés à tenter cette aventure. Si nous n'avions pas rencontré Patrice Larcenet, jamais nous n'aurions publié Raoûl, le jeu de rôle qui sent sous les bras. Avant l'ambition, c'était surtout l'envie et la passion qui nous animaient et qui nous animent toujours.
Pourquoi les runes ? Pour l'idée d'une écriture du passé, au Nord et avec sa part d'indéchiffrable, ou bien par simple culture jeu de rôle ?
Nico : Il fallait trouver un nom à l'association, et cela aurait très bien pu s'appeler les « Pourfendeurs de trolls ». Oui, ce nom était extrêmement lié à la culture des jeux de rôles. Depuis quelques années, les runes ont disparu, il ne reste que Les rêveurs.
Manu : Moi, perso, je préférais les « Pourfendeurs de Trolls », mais on ne m'écoute jamais.
Avant vous Larcenet n'était qu'un comique, du moins classé alors uniquement comme tel. Comment l'avez-vous rencontré ?
Nico : Nous rencontrons Manu, l'année où nous travaillons avec son frère, Patrice, à l'édition de Raoûl, le jeu de rôle qui sent sous les bras. Patrice, lui propose d'illustrer son jeu. Manu, peu de temps après nous suggère de créer une collection de bandes dessinées dont il se chargerait de la partie artistique, graphique. Nous étions tous passionnés de bandes dessinées, et déjà admiratifs de maisons d'éditions qui s'étaient lancées dans cette aventure. Très vite, Manu nous montre les pages de Dallas Cowboy et nous éditons cette première bande dessinée dans la collection « on verra bien ».
Manu Larcenet ne pouvait-il pas, à l'époque, publier ailleurs ses travaux de nature plus autobiographiques et mélancoliques qui font aujourd'hui son succès ?
Nico : Si, peut-être, chez des éditeurs qui publiaient déjà ses récits, qui ont été et sont toujours des éclaireurs comme L'Association, Cornelius, Les requins marteaux... mais en revanche dans les structures plus importantes, c'était assez fermé. Je crois que ce premier livre est paru par envie et désir. Désir de se faire plaisir avant tout à publier un livre dans un format précis et de proposer un dessin et un récit différent d'un auteur qui était déjà catalogué humour. Et c'est vrai, il y a 10 ans, Dallas Cowboy a été tiré à 1500 exemplaires, et déjà, il se disait « ce n'est pas de l'humour », « ce n'est pas facile »... Et 10 ans après, nous entendons toujours les mêmes sempiternelles phrases lorsqu'un auteur décide de changer de cap le temps d'un livre. C'est comme si l'auteur avait une étiquette ou un post-it sur le front avec marqué dessus « Humour » ou « aventure » et ça lui colle à la peau toute une vie. Mais Manu n'a pas fait de concession dans le sens où il a toujours utiliser Les rêveurs pour publier ses livres où il voulait expérimenter, essayer un nouveau rythme de narration, un trait différent, comme dans Ex Abrupto par exemple.
Manu : Non, jamais je n'aurais pu faire publier chez de grands éditeurs les récits que j'ai faits chez Les Rêveurs. D'abord, à l'époque, personne n'avait envie de me voir faire autre chose que du comique troupier. Puis, ensuite, j'aurais dû me couler dans le moule de collections, policer certains trucs, faire plus de pages ou moins ou en couleur ou... Les Rêveurs, pour moi, ce fut la chance d'avoir un terrain de jeu sans barrière où c'est moi qui inventait les éventuelles règles. Les albums sont loin d'être parfaits, mais ils sont exactement le reflet de ce dont j'avais envie à l'époque.
Les auteurs des rêveurs sont-il des rêveurs ou des éveilleurs ?
Nico : Impossible de répondre à leur place, en revanche, si la lecture de quelques livres édités ont provoqué un éveil chez le lecteur, tant mieux.
Les rêveurs se distinguent par des formats de livres divers et peu courant, notamment ses fameux formats à l'italienne, pourquoi ce choix ?
Nico : Dès le départ avec Manu, nous sommes tombés d'accord sur ce format, malheureusement peu utilisé par les éditeurs. Une fois de plus c'est par envie d'éditer un livre différent dans lequel l'auteur pourrait jouer du format. Les premières histoires de Corto Maltese ont été éditées dans un format à l'italienne, et c'était magnifique ! Des auteurs comme Manu Larcenet ou Daniel Casanave ont en joué, à travers leur dessin. Baudelaire par exemple, a été entièrement dessiné dans un format à la française, mais dès la première lecture, Manu demande à Daniel si nous pouvions réaliser son livre dans le format à l'italienne. Cela a changé le rythme de l'histoire, et a surtout mis en valeur le dessin de Daniel.
Manu : Et aussi, c'est pour emmerder ceux qui ont des bibliothèques bien rangées où rien ne dépasse.
« Pas vu pas pris », « On fera avec », « M'as-tu vu », comment choisissez-vous vos noms de collections ?
Nico : "c'est tout vu", les noms arrivent tout d'un coup, nous avons besoin d'un nom pour une collection et nous essayons simplement de décliner l'absurdité du premier, on verra bien. Je crois qu'à ce jeu, Jean-Yves Ferri est assez redoutable
Comment définiriez-vous votre ligne éditoriale ? A-t-elle évolué avec le temps ?
Nico : Il n'y en pas ! Ce sont vraiment les rencontres avec les auteurs qui vous font avancer sur un projet de livre. En fait, au départ, nous ne pensions éditer que des histoires dans notre collection à l'italienne et en noir et blanc, mais heureusement nous n'avons pas suivi ce dogme sinon nous serions passés à côté de beaucoup de livres. Manu a vraiment travaillé sur les formats des collections. C'est par exemple la mise en page d'un livre comme Correspondances avec Jean-Yves Ferri qui a définit le format de la collection « m'as-tu vu ». En revanche, Philippe Squarzoni nous propose un portrait sur Richard Brautigan, et le hasard fait qu'il s'intègre parfaitement dans notre collection « pas vu pas pris ». L'envie de publier des livres est toujours intacte, comme il y a 10 ans, et cette envie a été multipliée par la richesse des rencontres avec les auteurs, ce qui nous incite à repasser du temps ensemble. C'est pourquoi vous trouverez plusieurs livres de Casanave ou de Nine dans nos collections.
Manu : Sans même parler des auteurs, les rencontres avec les livres, ça ne se prévoit pas. Si on reste honnête avec soi-même, on peut se laisser surprendre par des livres qui, de prime abord n'avaient rien pour nous séduire... C'est inexplicable, c'est juste comme ça. C'est sans doute pour ça que nous n'avons pas de "ligne éditoriale", parce que la variété de ce qui est "intéressant" est infinie.
Quels sont vos projets ?
Nico : Nous préparons avec Carlos Nine la réédition du Canard qui aimait les poules. En fait, son livre est épuisé depuis pas mal de temps, mais visiblement, cela n'intéressait pas son éditeur de le rééditer. Tant mieux, nous sommes ravis de publier ce livre, qui va bénéficier d'un nouveau format. Puis nous publierons une bande dessinée signée LL de Mars au début de l'année prochaine, qui nous a littéralement subjuguées.
Bédéthèque idéale de Nico :
- Blotch le roi de Paris de Blutch
- Introduction à la psychanalyse de bazar de Goossens
- Le char de l'état dérape sur le sentier de la guerre de F'murrr
- L'ascension du haut-mal de David B
- La Marie en plastique de Rabaté et Prudhomme
- Le piano sauvage de Fred
- Big Foot de Dumontheuil
- Krazy & Ignatz de George Herriman
- L'autoroute du soleil de Baru
- Kitaro le repoussant de Mizuki
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Caractéristiques
- Auteur
- Editeur
- Date de parution
-
janvier 2005
- Collection
- EAN
-
9782912747136
- Poids
-
0,2400kg
- ISBN
-
2912747139
- Illustration
-
Illustrations couleur
- Format
-
30,00 x 20,00 cm
- SKU
-
1245013