Avis client
Actif depuis le
27 septembre 2018
Dernier avis le
11 mars 2025
15
avis rédigés
4,5/5
évaluation moyenne
4
notes utiles
Un magnifique roman qui embrasse l'évolution de toute la société à travers ses personnages
Cinq ans après son premier roman Lumières, Christelle Saïani revient avec un nouveau roman qui tient toutes les promesses du premier et bien plus encore. Sa plume était déjà belle, elle a encore plus de force et de maturité et c'est un roman ambitieux et abouti que l'autrice offre à ses lecteurs pour leur plus grand plaisir. Sur trois générations, ce roman à travers l'histoire de Louis et Marie , puis de Samuel (leur petit-fils) et Camille, dresse un panorama de l'évolution des mœurs de la société française de 1970 à 2023. Comme d'habitude, je n'ai pas très envie de vous raconter quoi que ce soit, je l'ai lu sans trop savoir (volontairement) et quel plaisir de lecture que la découverte de cette histoire, de ces histoires ! Le roman est divisé en 2 parties bien distinctes articulées autour des hommes de la famille, Louis d'abord, des années 1970 à 1986, puis Samuel de 2015 à 2023. Si vous aviez lu Lumière, je ne doute pas que vous ayiez envie de lire celui-ci. Mais si vous ne connaissez pas l'autrice, voici trois raisons de lire ce roman: ☆ La plume magnifique, sensuelle, enveloppante, riche, immersive, d'une fluidité qui n'exclut pas un vocabulaire soutenu. Elle excelle autant à décrire des plats avec une minutie et une précision qui vous fera saliver, croyez-en la gourmande que je suis, qu'à parler d'amour avec une sensualité et une poésie merveilleuses. ☆ Ses histoires d'amour fou, intense, profond, deux histoires de couples sublimes. Des couples confrontés l'un et l'autre à des épreuves qui auraient pu les briser, mais qui les rendront plus forts. Chacune de ces histoires, celle de Louis et Marie et celle de Samuel et Camille, sont bouleversantes pour des raisons différentes. ☆ Des personnages profonds, authentiques, très travaillés auxquels on ne peut que s'attacher. Moi, c'est Marie qui m'a terriblement émue...
Cet avis vous a été utile ?
Une histoire d'amitié et d'émancipation
Tous les textes de Joëlle ont en commun une écriture pleine de finesse, de fluidité, de justesse et d'humour. Une immense pudeur aussi. J'ai donc retrouvé avec bonheur ce qui avait déjà fait mon régal par 3 fois. De ce roman, Joëlle dit que c'est le plus personnel, ce qu'elle est plus apte à savoir que moi, et le plus abouti, et là, je suis entièrement d'accord. Ses personnages féminins sont tous très incarnés, beaux, profonds, Claudine, Sophie et Isaure, les trois principaux, mais aussi Angélique ( comment ne pas être émue par Angélique ? ) Pour autant les hommes ne sont pas oubliés, mais à vous de le découvrir... C'est un roman qui certes parle de patchwork, mais c'est surtout le prétexte à une histoire de rencontres qui sauvent, d'amitié improbable et pourtant si évidente, par delà les différences d'âge et de milieu social. Parce que pour s'affranchir des blessures d'enfance, d'une vie devenue sans saveur dans laquelle on ne se retrouve plus, d'une emprise de plus en plus grandissante... il suffit parfois d'un déclic, de ne plus se sentir seule pour oser faire le pas de côté qui changera tout. Le patchwork , c'est une métaphore de la vie! Enfin, c'est un roman ancré profondément en Bretagne, à Concarneau, Joëlle raconte dans un de ses posts avec humour les cartes IGN familiales et les discussions passionnées ... Le roman est habilement construit, installant une tension dès le 1er chapitre, un truc inconcevable dès le 2e et à la fin du 3e, le lecteur est complètement ferré par une phrase sybilline : "Elle [...] s'arrêta un court moment devant l'arbre de vie d'Isabelle. Quels secrets recélait ce panneau dont chaque détail entraînait celui qui le regardait dans un univers de conte cruel?" J'ai adoré cette histoire dans laquelle je vous conseille de plonger sans rien savoir de plus !❤️ Envie de découvrir les secrets du panneau d'Isaure ?
Cet avis vous a été utile ?
Un roman bourré d'humanité !
"La vie, ce n'est qu'une succession de vagues. Il y a les vaguelettes, celles qui nous bercent ou qui nous poussent vers de nouveaux horizons. Et il y a les tempêtes, qu'on ne voit pas venir et qu'il faut traverser, malgré la houle. Ces vagues-là peuvent nous mettre à terre pendant un temps, mais elles finissent toujours par nous ramener à la surface. Et quand ça arrive, alors on est surpris de constater qu'on a gardé un peu de sel au coin des lèvres, après avoir bu la tasse. C'est ce sel qui nous apporte ce goût un peu plus prononcé pour la vie. Et si on réfléchit bien, c'est finalement grâce aux vagues qu'on a pu y goûter. " Ces paroles pleines de philosophie et de sagesse sont destinées à Jeanne. Elle a perdu une petite fille à la naissance et son couple n'a pas résisté à ce chagrin incommensurable. Deux ans après, toute la famille est réunie pour fêter les 80 ans de son père Joseph en Bretagne. Retrouvailles, souvenirs d'enfance et d'adolescence, règlements de comptes. L'occasion de mettre des mots sur de vieilles blessures. Celle d'avancer sur le chemin de la reconstruction et du pardon. Oui, après la tempête, et Jeanne a vécu un tsunami, le calme revient et avec, le goût de la vie avec ce sentiment diffus que plus rien ne sera comme avant, parce que tout prend une intensité différente... Mathilde Gall nous offre là un beau roman, nous permettant avec une plume fluide de rentrer dans l'intimité de cette famille et d'éprouver sympathie et empathie pour ses membres, tous bien incarnés et si elle aborde de nombreux sujets difficiles voire tabous dans la société, elle le fait de facon très délicate et juste. Sans pathos. Dressant à travers le personnage de Jeanne, un beau portrait de femme à laquelle il est difficile de ne pas s'attacher. Comme à toute sa famille... Un roman qui sonne très vrai, inspiré par le vécu de l'autrice. Bravo Mathilde, ce roman, thérapeutique sûrement, est un bonheur de lecture. Une tranche de vie entre larmes et éclats de rire avec beaucoup d'amour...
Cet avis vous a été utile ?
Un grain de sable dans les rouages...
Dans tous ses derniers ouvrages, romans et essai, Laure Lapègue interroge notre modèle de société. " L'entretien", un huis-clos autour d'une journée d'entretien d'embauche dans une petite société florissante suit le même fil rouge. Un jeune homme, Félix, va rencontrer différentes personnes travaillant dans l'entreprise dans laquelle il espère se faire embaucher. Lorsque survient une panne de courant, des mesures de sécurité sont appliquées, et une espèce de paranoïa va mettre à jour rancœurs, regrets, jalousies et mal-être, les masques vont tomber un par un et à l'issue de cette journée, plus rien ne sera comme avant... C'est un roman choral avec un soupçon de dystopie qui permet au lecteur de se glisser dans la peau de chacun des protagonistes. Certains sont sympathiques, d'autres pas, et pour la plupart, leurs pensées intimes sont bien loin de ce qu'ils laissent voir dans le jeu social obligé du travail. Certains vont ruer dans les brancards, envoyer valser les codes et les injonctions. Une entreprise est un microcosme, le meilleur et le pire s'y côtoient souvent. Un grain de sable dans les rouages bien huilés des habitudes et obligations et les personnalités profondes se révèlent... J'ai aimé cette analyse fine et pertinente du monde du travail, fidèle reflet et baromètre de la société. Quand on ne trouve plus de sens à ce qu'on fait, soit on implose, soit on se réinvente pour reconquérir sa liberté et son libre arbitre... J'ai aimé la galerie de personnages diversifiée et crédible, et le regard bienveillant, juste, critique de l'autrice ... Comme toujours chez Laure, il y a du suspense. Dès le prologue, on sait que quelqu'un a fait quelque chose qui aura des conséquences. Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Le lecteur découvrira plus tard comment cet acte va avoir des conséquences jusque sur ce fameux entretien ! Un roman qui fait réfléchir sur la place et le sens du travail dans nos vies, sur les relations humaines et les choix que l'on fait.
Cet avis vous a été utile ?
Un roman captivant !
Marie-Jeanne, en entendant quelqu'un dire à l'enterrement de son père que c'était un brave homme, pète les plombs et s'enfuit droit devant elle. Parce que non, son père, alcoolique, violent et sadique, n'était pas un brave homme. A partir de maintenant elle sera Michèle. Elle est partie si vite qu'elle en a oublié sa poupée, Lili. Son bien le plus précieux. Unique cadeau de son père. Elle est "recueillie" par un homme Jean-Jacques qui la loge, la nourrit, lui trouve un travail et n'exige rien d'elle en retour. Enfin presque rien. Juste qu'elle joue le rôle de sa fille Madeleine qui est morte. Et Marie-Jeanne devient Madeleine. Quand on n'a pas eu une enfance normale avec des parents aimants, on ne sait pas ce qui est normal ou ne l'est pas. Marie-Jeanne en manque de repères affectifs et sécurisants ne veut que deux choses, exister et être aimée. Alors s'il faut s'appeler Madeleine... Dès le début du roman, par une écriture directe et fluide, l'autrice m'a plongée dans la psyché de cette toute jeune femme, dans ses pensées, dans son passé que des détails anodins du quotidien font resurgir. Et peu à peu, j'ai mieux compris sa personnalité. J'ai tremblé pour elle, car le comportement du Jean-Jacques est pour le moins surprenant, voire suspect. La tension narrative ne se dément jamais jusqu'au bout de ce roman à la construction efficace et impeccable, dont les révélations finales vous cueilleront comme moi. Je me suis posé bien des questions, mais les indices sont ténus, dilués voire absents! A la fois thriller psychologique, roman social et initiatique, c'est une réussite. Difficile d'en dire plus sans divulgacher. Une seule solution, lisez-le !
Cet avis vous a été utile ?
Connait-on toujours ses proches ?
Pour son quatrième roman Aurélie Boussard s'est aventurée vers le thriller psychologique et c'est très réussi ! Dans un roman nerveux et habilement construit, à la tension qui s'installe rapidement, elle met en scène, et les chapitres alternent leurs points de vue, deux femmes. À des milliers de kms l'une de l'autre, un lien va se nouer par internet et très vite sourd un malaise. du moins pour le lecteur. Car ce que l'on voit sur les réseaux sociaux est-il bien le reflet de la réalité ? Si passer du virtuel au réel offre de très jolies rencontres la plupart du temps, cela peut se révéler risqué quand on ne sait pas réellement qui se cache derrière un pseudo et des photos habilement mises en scène ! Aurélie nous offre deux beaux portraits de femmes, avec une description très juste et réaliste de leurs comportements, ainsi qu'une fin lumineuse et généreuse, là où d'autres y auraient mis peut-être plus d'acrimonie et de rancœur. Et dans le contexte d'une société malmenée par ses divisions, l'optimisme et l'esprit de pardon sont de belles valeurs à saluer fut-ce dans un roman. Élisa a tout pour être heureuse, une maison magnifique a La Réunion, des moyens financiers confortables, mais elle a du mal à émerger du baby blues qui l'assaille depuis la naissance de sa petite Manon. Axel son mari travaille beaucoup et elle se sent isolée. Au travers de son blog d'abord puis de ses conversations téléphoniques quotidiennes avec elle Louise en métropole lui devient vite indispensable au point qu’Élisa l'invite à venir passer quelques jours chez elle. Mais connait-on vraiment ses proches? Élisa va aller de surprises en trahisons... Un très joli roman pour les vacances porté par une plume limpide et fine. Un très agréable moment de lecture !
Cet avis vous a été utile ?
Le difficile choix du bonheur
Et si être heureux, c'était un choix? Il y a des choses sur lesquelles quelle que soit notre volonté nous ne pouvons pas influer et d'autres que nos décisions peuvent infléchir dans un sens ou un autre... Encore faut-il prendre les bonnes décisions. Lorsque s'ouvre le roman, fin juillet 2015 en Corse, la vie de Guillaume vient de basculer. Quatre ans après, Nadia, après une séparation décide de se rapprocher de Grenoble et de sa mère Angela. Elle trouve une maison à louer avec un grand jardin dans un hameau. Les propriétaires qui habitent juste à côté, semblent très heureux de voir revivre cette maison et ils l'accueillent, elle et son fils Louis avec chaleur, ce qui n'est pas de prime abord le cas de Guillaume, leur fils. Rien ne va se passer comme Nadia l'imaginait parce que la vie parfois joue de sales tours et en plus du divorce, elle va devoir faire face à la maladie foudroyante de sa maman... Il y a un peu de Anna MC Partlin et ses derniers jours de Rabbit Hayes, et un peu de Mélissa da Costa et ses Lendemains dans ce roman. Il y a surtout beaucoup de Sandrine Meilland-Rey qui m'a fait passer par une sacrée palette d'émotions et même verser quelques larmes... D'une plume fluide et pleine de finesse, elle nous offre un voyage lumineux aux côtés de beaux personnages complexes, sur un chemin de résilience où rien n'est acquis d'avance. La construction du roman offre une alternance entre le présent et l'été 2015 où la vie de Guillaume dont on va découvrir peu à peu l'histoire, a volé en éclats. Nadia de son côté en découvrant une facette de sa Maman qu'elle ignorait complètement va y puiser une leçon d'amour et de vie, se poser des questions, mieux cerner ce qui est important pour elle, et être capable de faire ... le choix du bonheur. Ce roman est finaliste dans la catégorie littérature générale du Prix des étoiles Librinova dont le résultat sera connu mi-février. Je croise les doigts pour qu'il soit primé et reçoive l'éclairage qu'il mérite !
Cet avis vous a été utile ?
Chronique douce amère
Premier d'une série intitulée "Rue des Beaumonts", ce court roman est jubilatoire. Drôle, caustique, tendre et déchirant à la fois... Les caractères présentés sont finement observés, il y a des passages d'une grande drôlerie suivis d'autres où la douleur affleure et la folie guette. Une chronique douce-amère qui se tient sur une demi journée où Martine met sur le trottoir tout ce qui a appartenu à sa mère et à sa sœur, mortes ensemble dans un accident de bus. Elle ne veut rien garder qui soit susceptible de lui rappeler leur souvenir et en conséquence sa douleur à elle ... Il y a les voisins qui découvrent le déballage médusés, un jeune qui passait par là qui imagine aussitôt l'argent qu'il pourrait tirer de certains objets. Car Martine ne vend rien, elle donne, elle jette... Un grand miroir sera l'objet de la convoitise des personnes présentes, pour des raisons différentes propres à chacune, et cela donne lieu à un dialogue intergénérationnel surréaliste... Le roman alterne les pensées intérieures de Martine, les dialogues du vieux couple voisin, inénarrables Michèle et André, le dialogue au téléphone de Julie-Lys avec sa mère (elle est triste de voir toute une vie sur le trottoir), puis les considérations cupides du jeune qui a appelé un pote avec une camionnette à la rescousse et des extraits d'un forum internet qui tourne autour de la question de savoir si on peut déshériter ses enfants ! C'est féroce, terriblement juste et on n'a qu'une envie en refermant celui-là, lire les autres romans de la Rue des Beaumonts !
Cet avis vous a été utile ?
Deux portraits de femmes magnifiques
En 1920 bouleversée par l'état des enfants dans le Nord de la France, fragilisés par la pauvreté et la malnutrition, des proies toutes désignées pour la tuberculose, une infirmière de la Croix-Rouge, Thérèse Papillon, se démène pour mener à bien un projet ambitieux, ouvrir une maison pour protéger ces enfants. De nos jours Gabrielle infirmière en néonatologie est prématurément us&e par le stress e son métier et elle traverse une phase difficile. La découverte de mademoiselle Papillon va la galvaniser et lui redonner confiance en elle tandis que par le biais d'une des mères de son service, elle va découvrir une méthode innovante pour mieux pratiquer son métier. Quel est le lien entre ces deux femmes? vous le saurez en lisant ce très beau roman ! L'autrice a réalisé un formidable travail de documentation pour la partie historique car Thérèse Papillon a bien existé , elle a été reconnue Juste parmi les Nations; Ce roman est un magnifique hommage aux infirmières avec ces deux très beaux portraits de femmes, dévouées à leur métier, un véritable sacerdoce ...
Cet avis vous a été utile ?
Croire en ses rêves
Dans ce très joli roman écrit à la première personne, @aurelieboussardauteure raconte d'une plume enlevée et fluide, la vie d'Assia. Petite marocaine orpheline de mère, élevée dans le petit village de Chtouka par une tante peu aimante, elle est envoyée à la ville pour travailler dès ses 14 ans. Au Maroc, où les différences sociales sont très marquées, la liberté des femmes encore très restreinte, il ne fait pas bon être née en bas de l'échelle sociale et la route sera longue avant qu'Assia puisse à force de travail, de courage, de ténacité et aussi grâce à des rencontres bienveillantes, accéder à une certaine éducation et à une vie meilleure. Dans son village, elle avait rencontré un jeune homme, Samir, dont elle s'était éprise. Mais dans ce pays, les rapports homme femme sont compliqués par la culture, la religion, la société ... La liberté de choisir reste encore une utopie , plus encore s'il y a une disparité sociale... • Un très joli portrait de femme, dont on suit l'évolution avec empathie, accablement parfois devant le poids et l'archaïsme de cette société, soulagement quand enfin des jours meilleurs arrivent...J'ai pris beaucoup de plaisir avec ce roman et cette attachante Assia, intelligente, fine, lucide, qui ne perdra jamais de vue ses rêves, admirable de force morale et de ténacité...
Cet avis vous a été utile ?