Cinéma / Événement Films marquants, montée des marches historique... : quoi de neuf sur la Croisette ?
Par Joséphinele 15/05/2018
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Après douze jours de films de cinéastes reconnus (de Jean-Luc Godard à Lars Von Trier) comme de découvertes (Lukas Dhont ou Ryusuke Hamaguchi), brassant les époques, les horizons, les cultures, le jury de Cate Blanchett a choisi de décerner la prisée Palme d’or au japonais Hirokazu Kore-eda pour Une affaire de famille, célébrant ainsi la générosité d’une famille atypique face à l’enfance maltraitée.
Le palmarès de ce 71e Festival de Cannes est à l’image de la compétition qui s’est déroulée sur la Croisette : une forte contingence asiatique, des femmes honorées et énervées (comme Asia Argento dénonçant les violences sexuelles dans le milieu du cinéma lors de la remise des prix), des brûlots engagés ou des fables non moins politiques, des expériences cinématographiques. La Palme d’or remise à Hirokazu Kore-eda traduit une prime à la bienveillance. De film en film, de Nobody Knows à Tel père, tel fils, le cinéaste décrypte les mécaniques à l’œuvre au sein de la cellule familiale. Pour Une affaire de famille, c’est une famille en apparence banale, si ce n’est qu’elle vit essentiellement de vol à la tire et autres petits arrangements, qui passe sous l’œil acéré mais néanmoins délicat du réalisateur, avant que tout explose dans un twist surprenant et dévastateur, point d’orgue d’une chronique subtilement sociale. Nadine Labaki, qui s’est vue remettre le Prix du jury pour Capharnaüm, s’intéresse elle aussi à l’enfance maltraitée. Mais c’est à renfort de violons larmoyants qu’elle filme le quotidien de Zain (étonnant gamin de 12 ans), livré à lui-même dans les rues de Beyrouth, brossant un portrait éclaté d’une société qui exploite au lieu de protéger.
Avec BlacKkKlansman, récompensé par le Grand Prix, Spike Lee met en scène deux flics, l’un noir (John David Washington, oui, le fils de Denzel Washington), l’autre juif (Adam Driver), infiltrant le Ku Klux Klan à la fin des années 1970. Un pitch farfelu mais pourtant tiré d’une histoire vraie. Le cinéaste militant manie l’humour pour mieux faire passer son message, glissant çà et là des références à l’élection de Donald Trump, jusqu’à un final glaçant et percutant.
Jafar Panahi, honoré lui par le Prix du scénario, mêle aussi malice et politique. Cinéaste assigné à résidence et interdit de tournage, il poursuit malgré tout son œuvre, se mettant en scène pour raconter l’Iran. Pour 3 visages, toujours combattant, il monte en voiture avec l’actrice Behnaz Jafari, et comme c’était le cas avec Taxi Téhéran, dresse un état des lieux au fil de ses rencontres. Son prix est partagé avec Alice Rohrwacher, pour Heureux comme Lazzaro, conte naturaliste non moins politique. Dans la tradition du cinéma italien (de Pasolini aux frères Taviani, Paolo et Vittorio), le film voit évoluer un personnage lunaire, incarnant l’innocence et la bonté à l’état pur face à la brutalité du monde.
Thierry Frémaux avait lancé cette 71e édition sous le signe du renouveau. Pari plutôt réussi, qui a permis de faire émerger de nouveaux noms, d’en confirmer d’autres, et, quand même, de consacrer les vétérans. Avec sa belle mise en scène en noir et blanc d’une histoire d’amour contrariée par les soubresauts de l’Europe de l’après-guerre, Pawel Pawlikowski confirme avec Cold War le talent qu’on lui avait déjà reconnu avec Ida.
Jean-Luc Godard, qui trouve toujours un moyen de marquer l’histoire du Festival de Cannes (cette année par une incroyable conférence de presse FaceTime), restera donc à jamais détenteur d’une « Palme d’or spéciale » dont on ne sait si elle récompense un film (Le Livre d’image), la carrière d’un cinéaste ou simplement un homme hors normes.
Parmi les nouveaux visages, on se tournera vers les deux prix d’interprétation pour cette édition moins glamour qu’à l’habitude : Marcello Fonte, pour Dogman, de Matteo Garrone, dans le rôle d’un toiletteur pour chien qui finit par se rebeller contre la fameuse maxime d’Audiard : « Quand les types de 130 kg disent certaines choses, ceux de 60 kg les écoutent » ; et Samal Yeslyamova, quasiment de tous les plans d’Ayka, de Sergey Dvortsevoy, sous les traits d’une réfugiée kirghize à Moscou et à qui on ne laisse aucun répit.
Mais la réelle découverte de ce Cannes 2018, le film dont la rumeur a parcouru la Croisette, c’est Girl, du Flamand Lukas Dhont, récompensé par la Caméra d’or, la Queer Palm et un prix d’interprétation dans la section Un Certain Regard. L’histoire délicate et forte d’une adolescente transgenre qui intègre un ballet de danse classique et dont l’un des traits marquants est le soutien total de ses parents à la jeune fille, née garçon. La bienveillance toujours.
Par Joséphinele 15/05/2018
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Par Luciele 19/04/2018
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, Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka
DVD Zone 2 |
film |
LE PACTE |
avril 2019
Sortie prévue le 17 avril 2019
, Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka
Blu-ray |
film |
LE PACTE |
avril 2019
Sortie prévue le 17 avril 2019
, Cinema Asiatique, Masaharu Fukuyama, Machiko Ono
DVD Zone 2 |
film |
Wild Side |
(donnée non specifiée) |
avril 2014
à partir de : 4,19€
, Yagira Yuuya, Ayu Kitaura, Hiei Kimura
Blu-ray |
film |
ARP |
interdit aux moins de 12 ans |
septembre 2017
à partir de : 14€