Par Luciele 11/06/2018
978
En 1979, Ridley Scott réveillait l’une des plus terrifiantes créatures extraterrestres du cinéma. Vilaine bébête qui allait hanter par la suite l’une des plus fascinantes saga SF de la pop culture, portée par certains des plus grands « monstres » du 7e art, de David Cameron à Jean-Pierre Jeunet en passant par David Fincher. Retour sur le règne du célèbre xénomorphe.
Ça aurait pu être « Jusqu’ici tout va bien » (La Haine) ou encore « Vous ne la connaissez pas encore mais elle vous déteste déjà » (Tatie Danielle)… Mais Ridley Scott préfèrera « Dans l'espace, personne ne vous entend crier ». Inquiétante et intrigante catchline qu’il choisira d’épingler à l’affiche de son Alien : le huitième passager. Une accroche devenue depuis l’une des plus emblématiques du cinéma et la signature de l’ensemble de la quadrilogie Alien… Le film de Scott sort en 1979. Deux ans auparavant, George Lucas remettait les studios hollywoodiens sur les rails de la conquête spatiale avec le premier volet de Star Wars, après que Stanley Kubrick eut pendant longtemps retenu toute velléité d’exploration interstellaire avec son imposant et sombre 2001 : L’Odyssée de l’espace (1968). Mais là où Lucas avait opté pour un space opera grand public, Scott choisit le huis-clos horrifique, lugubre et oppressant. Le public fait alors connaissance avec les sept membres d’équipage du Nostromo. Parmi eux, le lieutenant Ellen L. Ripley, incarnée par une certaine Sigourney Weaver, jeune actrice montante du théâtre de Broadway… et bientôt icône incontournable de la saga. Une femme portant la culotte dans un film de SF ? Du jamais vu, à l’époque ! Côté mise en scène, Ridley donne dans le minimaliste. La lumière est réduite au minimum. De quoi rendre la créature à peine visible à l’écran, mais omniprésente à l’esprit, par la crainte qu’elle suscite. Un dépouillement inédit et audacieux qui vient nourrir un chaos implacable et angoissant. De quoi porter très vite ce premier Alien au rang de film culte. On ne pouvait évidemment pas en rester là…
Alien en mode « guerre du Vietnam »Après le coup de maître de Ridley, trois autres volets Alien verront le jour. Mais plutôt que de les inscrire dans les pas du cinéaste britannique, les producteurs choisissent de confier tour à tour le xénomorphe à trois cinéastes différents, aux univers visuels forts et singuliers. On commence avec James Cameron, en 1986, et son très guerrier Aliens, le retour. Ambiance « Vietnam dans l’espace ». On est alors 57 ans après la disparition du Nostromo. Ellen Ripley (toujours Sigourney Weaver), sortie de son état de biostase, joue les consultantes spécialisées en xénomorphes au sein d’une joyeuse bande de marines spatiaux… Une mouture moins innovante mais plus technique que son prédécesseur.

Au jeune David Fincher, en 1992, de goûter aux joies du xénomorphe baveux. Dans son Alien 3, on retrouve Ripley, seule survivante de la dernière partie de chasse, encore en hyper-sommeil dans une capsule de secours. Elle finira sur une planète-prison. Sur cette planète, un chien (dans la versin ciné), un bœuf mort (dans la version director’s cut). Mais dans le chien comme dans le bœuf, un Alien qui s’apprête à naître… Et le film de Fincher de tourner lui aussi à l’infernal huis-clos pénitencier. Avec en prime, une Ripley érigée en maman d’Alien (pour d’autres, c’est les dragons).

Enfin, en 1997, c’est au tour d’un Jean-Pierre Jeunet post Delicatessen (dont Weaver est fan) de traverser courageusement l’Atlantique pour aller se frotter à l’expérience Alien. Son film, Alien : la résurrection, reste encore aujourd’hui le mal-aimé de la quadrilogie. La faute à un scénario un peu trop faible. Pourtant, Jeunet aura eu le mérite de prendre la bestiole à bras le corps et de lui imposer sa propre patte : de la dérision, de l’humour (fallait oser !), une photo magnifique signée Darius Khondji, des effets spéciaux de Pitof, une Ripley un brin barrée et… Dominique Pinon au casting !

Mais 33 ans après, Ridley Scott n’en a toujours pas fini avec son Alien. Aussi a-t-il décidé de reprendre la main pour remonter aux origines de son xénomorphe et de la mythologie qui l’entoure. Une exploration à rebours qui commence en 2012 avec la sortie de son Prometheus. Un préquel porté par Noomi Rapace et Michael Fassbender, à travers lequel le cinéaste s’interroge : « Et si une race extraterrestre ”d'ingénieurs” nous avait créés, nous, les humains ? Seraient-ils des dieux ? Comment sont-ils morts ?... ». Aujourd’hui, le réalisateur continue d’assembler les chainons manquants, en reliant encore un peu plus son Prometheus à son Alien de 1979 (et à la saga) : dans Alien : Covenant, on retrouve Michael Fassbender aux côtés de Katherine Waterston, sorte de nouvelle Ripley. Un épisode situé dix ans après Prometheus et davantage dans l’esprit du chaos implacable qui imprégnait le huitième passager et qui nous rapproche encore un peu plus de la vérité… Tout semble à croire qu’un épisode encore sera nécessaire pour finir enfin de boucler la boucle…
Découvrez la bande-annonce d'Alien : Covenant, qui sort en salles le 11 mai 2017 :
Par Luciele 12/05/2017
424
Coffret Alien La Quadrilogie DVD
Alien, le 8ème passager + Aliens, le retour + Alien 3 + Alien, la resurrection
, James Cameron
, David Fincher
, Jean-Pierre Jeunet
DVD Zone 2 |
film |
20th Century Fox |
(donnée non specifiée) |
octobre 2011
à partir de : 9,94€
, Sigourney Weaver
, Winona Ryder
, Dominique Pinon
Blu-ray |
film |
20th Century Fox |
(donnée non specifiée) |
octobre 2011
à partir de : 4,67€
, James Cameron
, David Fincher
, Jean-Pierre Jeunet
Blu-ray |
film |
(donnée non specifiée) |
janvier 2011
à partir de : 22,52€
Prometheus Alien La quadrilogie Coffret DVD
De Prometheus à Alien : L'Evolution
, James Cameron
, David Fincher
, Jean-Pierre Jeunet
DVD Zone 2 |
film |
(donnée non specifiée) |
octobre 2012
à partir de : 19,10€
Alien : Covenant Edition limitée Steelbook Blu-ray
Inclus code DHD
, Michael Fassbender
, Katherine Waterston
, Billy Crudup
Blu-ray |
film |
interdit aux moins de 12 ans |
septembre 2017
à partir de : 15€