Passionnément
Tigran Hamasyan nous raconte une fable, merveilleuse et riche comme toutes les fables
«Si je suis un jazzman ? Je suis un pianiste. Les catégories ne m'intéressent pas.»
C'est avec ces mots que Tigran Hamasyan termine une interview avec un journaliste canadien. Cette petite phrase résume parfaitement le bonhomme. Le piano est son idiome, son langage, il parle piano.
Lauréat du prix Thelonious Monk en 2006, il explose, tel un volcan, et se révèle au monde entier quasi immédiatement. Explosion ou volcan, voila des mots qui le caractérisent assez bien.
D'origine arménienne et très imprégné par cette culture, il en exploite avec bonheur l'ensemble des arcanes et des couleurs. Avec une culture aussi bien rock (Led Zeppelin et Tools n'ont pas de secrets pour lui) que jazz ou folklore (mot qu'il déteste) il se promène aussi dans la musique classique et glane par ci par là des impressions chez Grieg, Satie ou Chostakovitch.
Après ces petites précisions, malgré tout indispensables, il serait peut-être temps de parler de sa musique et surtout de ce disque incroyable. Ben oui, incroyable !
C'est un album solo, ça ne veut pas dire qu'il n'y a qu'un piano, en fait c'est souvent plusieurs instruments, piano, synthé et voix par exemple. Il vocalise un petit peu et frôle un ou deux synthés, tout en construisant un monde bien à lui avec une facilité et une virtuosité étonnante.
De l'influence rock de ses précédents albums, il ne garde que l'aspect chanson qui s'accorde bien selon lui avec la musique arménienne pour son coté un peu pesant mais très mélodique. La qualité de sa musique est le fruit de toute cette culture. L'aisance avec laquelle il maitrise tout ce disque en solo est réellement impressionnante.
Les titres de ses chansons (oui oui chansons) sont très évocateurs et remplis d'image comme ce Rain Shadow (L'Ombre De La Pluie) ou The Legend Of The Moon (La Légende De La Lune). Et pour détendre un peu l'atmosphère, vers le milieu du CD, il nous offre un petit bijou sonore sous la forme délicieuse d'un Someday My Prince Will Come inattendu qui nous apaise pour aussitôt sauter dans le train du splendide morceau suivant Kakavik (La Petite Perdrix).
Ce disque est bien une fable, merveilleuse et riche comme toutes les fables. La musique est infiniment personnelle et subtile et tire à elle toutes les couleurs de la vie des contes et légendes.
Publié le 12/01/2011
Pour donner votre avis, veuillez vous identifier.
1 réaction :
Découvrez leurs univers :
Sur le même thème :
J'ai écouté Pour la première fois sur CD les sessions studio de 1956 d'Errol Garner, "The Most Happy Piano"
Voilà bien un des pianos les plus jubilatoire qui soit, et si typique du style Garner, tant par le swing endiablé des morceaux les plus rythmés que pour ces ballades...
Lire la suiteJ'ai écouté Ronnie Lynn Patterson est probablement le pianiste le plus discret de la scène jazz parisienne...
Je vais vous expliquer pourquoi "Music" est pour moi le plus beau disque de piano de l'année !
Lire la suitePassionnément Erik Satie et ses Avant-dernières Pensées
Satie, ses pièces pour piano et sa musique de chambre !
Lire la suite
Découvrez la communauté cuisine »
Téléchargements ebooks »
4 CD ou DVD = 20 € »
2 Blu-ray achetés = le 3ème offert »
Découvrez la Sony PS Vita »
Tous les jeux de plein air »
Les 20 jours High-Tech Fnac »
Livres photo à partir de 8,90 € »
Meilleures ventes coffrets cadeaux »
Campings en France »











Un album magnifique ! Merci pour la découverte !
Signaler un abus