The Rip Tide épouse le son typique de Beirut

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On avait laissé Zach Condon, le leader de Beirut, sur une note assez expérimentale et plutôt intéressante en l’occurrence, avec son double maxi March of the Zapotec/Holland en 2009. Ce projet faisait suite à deux somptueux albums, Gulag Orkestar (2006) et The Flying Cup Club (2007), de longues tournées et un gros coup de fatigue. Cette fragilité avait d'ailleurs certainement favorisé l'orientation plus intimiste de Holland, son disque electronica.

La musique de Beirut est une musique de voyage, apatride, qui diffuse une permanente mélancolie, à l'image du morceau Vagabond, pourtant légèrement plus joyeux et entraînant que d'habitude. Dès ses débuts, on avait compris chez Zach Condon, qui a découvert l'Europe (et la musique des Balkans) à l'âge de 17 ans, l'importance accordée aux lieux et aux villes. Il donne d'ailleurs souvent à ses chansons des noms de villes européennes (Bratislava, Nantes, Cherbourg ou Mimizan sur le projet Dark Was The Night) et de lieux (Prenzlauerberg ou East Harlem).

Composé entre New-York, Santa Fe et Albuquerque, sa ville natale, enregistré sur son propre label, Pompeii Records (fondé cette année), The Rip Tide épouse le son typique de Beirut, fait d'influences de folk américain, de cuivres mariachis et de musiques d'Europe de l'Est. Nous nous trouvons en terrain familier dès A Candle's Fire, avec cette si belle voix aisément identifiable. Plusieurs titres sortent du lot, comme Santa Fe et son refrain attachant, le beau The Rip Tide et ses arrangements délicats, et surtout le magnifique Port Of Call, sur lequel la voix de l'Américain s'envole sur une guitare et un glockenspiel, accompagnés plus tard de fidèles cuivres de fanfare. On retrouve également l'agréable East Harlem, un single paru juste avant l'été.

The Rip Tide est un bon disque, riche et bien arrangé, où l'on retrouve la griffe Beirut, avec un peu moins de grandiloquence qu'avant. Mais ce son peut justement nous paraître parfois trop familier, et nous serions réellement curieux de voir le maître d'œuvre se désintéresser par instants des cuivres et des cordes, pour laisser toute l'émotion de son chant s'exprimer dans un cadre plus épuré, comme au début de Goshen ou de Port Of Call. Il ne manquerait alors pas grand chose à Zach Condon pour rejoindre le clan des clochards célestes, chers à Jack Kerouac.

Publié le 01/09/2011

Tags : pop rock beirut rock indé rock indépendant zach condon the rip tide gulag orkestar the flying cup club march of the zapotec holland dark was the night

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