De l’ambition. Voilà ce que l’on était en droit d’attendre de Futur, son sixième album. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’après la réussite de son précédent opus, Lunatic, il ne pouvait pas faire moins bien; qu’après un Bercy rempli à craquer, il ne pouvait pas décevoir; et qu’après le clash avec l’autre poids lourd du rap français, Rohff, il ne pouvait pas arriver petits bras…
Qu’on se rassure, de l’ambition, ce disque en est rempli, suivant en cela cette phrase si symptomatique de son état d’esprit lâchée aux Inrocks : « J’ai pas l’habitude de suivre la tendance du moment, je préfère imposer la mienne ». Musicalement, Booba montre qu’il peut tenir la dragée haute aux Américains. Ses sons pourraient aisément tourner dans un strip club de Miami Beach ou un club new-yorkais.
On reproche souvent au rap français de ne pas sonner actuel, ce n’est définitivement pas le cas avec B2O qui, totalement immergé dans la culture américaine et le rap US, s’est totalement approprié ses codes et ses tendances. Voilà pourquoi aussi, il n’est pas surprenant de retrouver en featuring des artistes du calibre de Rick Ross ou 2Chainz. Ils sont tous sur le même terrain, s’y retrouvent et se comprennent.
Chez les Français, on note avec plaisir l’apparition de Kaaris qui sort pour l’occasion, le meilleur couplet de sa jeune carrière. De l’ambition, il y en a aussi dans l’écriture, quoi qu’on en dise. Si les insultes et les gros mots sautent immédiatement aux oreilles, il faut passer outre pour découvrir que les textes de ce disque sont à plusieurs niveaux. Et que, derrière des thèmes assez courants chez Booba – l’argent, les femmes, la pauvreté du rap français – il y a des punchlines puissantes, une écriture profondément enfouie qui demande à ce que l’auditeur creuse un peu.
De temps en temps, il sait abandonner sa posture de "bête et méchant" (pourtant sa marque de fabrique, avec un morceau comme Wesh Morray par exemple) pour faire dans le storytelling comme sur le titre Jimmy ou celui, plus personnel, revenant sur la mort de son meilleur ami Brams, 2Pac.
Bref, de l’ambition, il y en a dans ce disque. Et, la plus belle, c’est qu’il devrait donner le ton pour les albums de rap français à sortir en 2013. C’est ça aussi, être dans le « futur »…
Rewind !
Publié le 28/11/2012
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