Les lecteurs français s'en sont aperçus. Depuis l'avènement du manga en France, les histoires liées au japon médiéval sont légion. Période dite d'Edo, en l'honneur de la ville d'Edo capitale féodale du Japon, ancien nom de Tokyo.
Cette période est une véritable mine pour les mangaka qui y placent leurs histoires. Lieux de tous les dangers et de toutes les légendes, on croisera sans peine des samouraïs mythiques, des rônins, des ninjas énigmatiques, des moines shintoïstes ou encore les envahisseurs européens.
C'est aussi l'occasion de mêler combats spectaculaires et magie issue des mythes et de la religion Shinto. Beaucoup de mangas contemporains s'en inspirent, de manière fantastique comme Naruto, Samuraï Deeper Kyo, l'Habitant de l'Infini ou, plus réaliste, comme Lone wolf and cub, Vagabond ou les œuvres d'Hirata.
Le Samouraï Bambou appartient un peu à ces deux catégories.
A Edo, Soîchirô tente une nouvelle vie : il décide de mettre son sabre en gage pour ne plus céder à l'appel de la violence. Car on découvre que Soïchirö est un virtuose du combat au sabre et un combattant redoutable. Et à la place, donc, il se promène avec un sabre en bambou. Ce personnage est un grand rêveur naïf qui se lie d'amitié plus facilement avec un jeune garçon, qui veut devenir son élève, qu'avec ses voisins. Mais il reste un rônin à la recherche d'un nouveau maitre, d'un nouvel emploi. Et les habitants du quartier se méfient un peu de cet homme étrange, un peu dans la lune qui ne fait rien de ses journées. Et quand un tueur en série laisse des cadavres dans le coin tous les regards se tournent vers lui.
Cette histoire aurait pu être dans un univers réaliste, proche de la période historique si le personnage n'apparaissait pas sous les traits d'un renard quelques fois. Ou s'il ne conversait pas avec l'incarnation féminine de son sabre mis au clou. Le récit comporte quelques éléments fantastiques qui rappellent que ce n'est pas un manga historique. Un peu à la manière de Samouraï Champloo (l'anime bien sûr, on oubliera sa version papier !) ce manga se présente comme une fresque romancée de ce qu'a pu être la vie d'un rônin à Edo.
Mais c'est surtout le graphisme qui est étonnant dans ce manga. Matsumoto possède un style unique dans lequel il excelle.
Très inspiré de l'Ukiyo-e, pour cette série, il compose ses pages comme des estampes. Les couvertures notamment sont de vraies compositions « à la manière de ».
L'Ukiyo-e apparait au XVIIème siècle au japon et se voit destiné à illustrer des contes ou des scènes du quotidien. Ses représentants les plus célèbres sont sans conteste Hokusai et Hiroshige. Au delà du simple hommage Matsumoto travaille ses pages et ses cases comme autant d'entités propres qui s'intègrent dans la composition générale. Les cadrages, l'utilisation des trames, du noir, l'anatomie des personnages deviennent des détails prodigieux entre les mains de cet artiste.
Lecteur de manga ou non vous avez tout intérêt à lire le Samouraï Bambou de Matsumoto, ne serait-ce que pour la beauté graphique, la poésie des images ou encore le cadre historique qui borde l'histoire.
Publié le 16/09/2010
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