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Mon chien Stupide, le meilleur ami de l'écrivain
« Stupide était la victoire, les livres que je n'avais pas écrits, les endroits que je n'avais pas vus, la Maserati que je n'avais jamais eue, les femmes qui me faisaient envie, Danielle Darrieux, Gina Lollobrigida, Nadia Grey. Stupide incarnait le triomphe sur d'anciens fabricants de pantalons qui avaient mis en pièce mes scénarios jusqu'au jour où le sang avait coulé. »
Années 60, Amérique côté Pacifique : Par une nuit de tempête, l'irruption burlesque d'un gros chien japonais de race Akita sur la pelouse de la famille Molise vient bouleverser le dangereux ronronnement de cette maison typique de la banlieue ouest us. Et en particulier pour Harry Molise, la cinquantaine entamée, écrivain à sec et scénariste, à son corps défendant, auprès d'Hollywood pour faire bouillir la marmite. Le personnage, fils d'immigré italien et avatar de John Fante, traverse à ce moment de mulitiples crises : Il ne supporte plus sa famille, sa femme Harriet, leurs quatre enfants et son quotidien d'écrivain mercenaire pour des films à petits budgets et autres séries télés minables. Fantasmant d'une autre vie, rêvant de fuite et en proie à la nostalgie des origines, il envisage en forme de menace domestique de tout plaquer là pour finir, goguenard, ses jours à Rome. D'abord par provocation envers ses proches, puis peut-être par attachement, il va adopter le canidé paumé et découvrir la nature singulière (et libidineuse !) de celui qu'il nomme désormais Stupide.
Passé ce résumé, je me garderai bien de vous en dire d'avantage sur Mon chien Stupide, ce petit bijou de concision et d'humour du grand John Fante. Il y a dans ce roman des scènes et des situations qu'on ne peut découvrir que par soi-même pour en goûter tout le sel (la rencontre avec le cerbère du voisin ; le gendre amateur de whisky ; etc), des pages à l'écriture dansante où l'on revient fréquemment pour savourer tel ou tel passage furieux et enthousiasmant. On y trouve des personnages désaxés, attachants et jubilatoirement humains, se débattant avec la vie et autrui sur un ton mi-féroce mi-tendre dont l'auteur à le secret - influençant en cela le Bukowski qui lui vouait un respect sans bornes, allant jusqu'à faire rééditer l'intégralité de l'oeuvre.
John Fante propose là un roman faussement mineur : On rit parfois, on sourit souvent, et on s'y replongera volontier d'autant plus que le tragique du récit se lit entre les lignes et achève de révéler la profondeurs des personnages et des sentiments. Jamais pesant, plus mesuré et accessible pour s'initier que d'autres ouvrages de l'auteur, Mon chien Stupide est de ces romans qu'on garde avec affection dans sa bibliothèque et qu'on aime à offrir autour de soi.
Au-delà, et pour aller définitivement au coeur de l'oeuvre de ce précurseur de la Beat generation, je vous recommande, les trois pavés qui regroupent les romans de l'auteur publiés chez Bourgois (Traduction : Brice Matthieussent).
Publié le 21/12/2012
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1 réaction :
Effectivement les romans de Molière sont bien mieux traduits...
Découvrez leurs univers :
8 produits :
Mon chien stupide
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction)
Roman |
poche |
10/18 |
janvier 2002
à partir de : 2,90 €
L'orgie
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction)
Roman |
poche |
10/18 |
janvier 2002
à partir de : 1,99 €
Romans
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction)
Roman |
broché |
Bourgois |
décembre 1994
à partir de : 21,19 €
Romans
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction)
Roman |
broché |
Bourgois |
août 1995
à partir de : 18 €
Romans
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction)
Roman |
broché |
Bourgois |
décembre 1995
à partir de : 21,19 €
Demande à la poussière
John Fante, Charles Bukowski
, Philippe Garnier (Traduction)
Roman |
poche |
10/18 |
janvier 2002
à partir de : 3 €
Bandini
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction), Philippe Garnier
Roman |
poche |
10/18 |
janvier 2002
à partir de : 2,90 €
Pleins de vie
John Fante, Brice Matthieussent
(Traduction), Philippe Garnier
Roman |
poche |
10/18 |
décembre 2001
à partir de : 0,90 €
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Histoire banale,de faits anodins ! Mais malheureusement avec une traduction qui laisse à désirer le sujet et le verbe ne sont pas toujours. bien placés ! l'histoire est racontée au passé composé puis alterne avec le présent . Le style n'est pas du meilleur cru ! le livre devrait être revu pour en modifier le style qui gâche la lecture ! En résumé ce livre sent trop la traduction et n'est pas remanié dans le sens de la langue Française . Exemple page 48 :"Que veux -tu? Elle a demandé."(traduction littérale ?) .Autre exemple page 100 "-Je n'en veux pas, je lui ai répondu ..."Et c'est comme cela tout au long du livre . Quand à l'humour , ce n'est pas de l'humour, on le cherche ! Certainement que la version Américaine doit être autrement appréciée sans faute de syntaxe et la lourdeur de la traduction .Mais il faut aussi se souvenir que nos préocupations européenne et Française n'ont pas les mêmes pierres d'achoppements.Je cite encore quelques pages :page 72 "l'amour clanique du foyer (?) pages 74 et 75 chapitre 11 (que des perles !) page 103 "Il était assis là, incohérent, evapé (!).page 111 "tu ne ferais pas une chose panille (pareille ) ! Non pas de "bon à tirer" pour ce livre en l'état !Ce ne serait pas charitable de l'offrir en cadeau ni pour le lecteur ni pour la langue de Molière. Désolé !
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