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Hugo, Nebula, Locus : Marée stellaire, avec de vrais bouts de dauphins dedans !

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Hugo, Nebula, Locus : Marée stellaire, avec de vrais bouts de dauphins dedans !

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Quatrième rendez-vous de notre série "les plus grands bouquins de science-fiction de tous les temps", aujourd'hui, Marée Stellaire, de David Brin !  


 

Hugo, Nebula, Locus, quid ? 

Il y a aux Etats-Unis trois grands prix, annuels, récompensant LE meilleur roman de science-fiction de l’année. Ce sont les prix Hugo, Nebula et Locus.

Le prix Hugo (Science Fiction achievement award) doit son nom à Hugo Gernsback, fondateur du mythique magazine de science-fiction, Amazing Stories. Il y a plusieurs catégories, dont le prix du meilleur roman de l’année. C’est un collège de fans de science-fiction qui élisent les lauréats.

Le prix Nebula est décerné par une association, la Science Fiction and Fantasy Writers of America. Encore une fois, plusieurs catégories, dont celle qui nous occupe, le meilleur roman de science-fiction.

Le prix Locus, enfin, est décerné chaque année par les lecteurs du magazine du même nom.

Et, tenez vous bien, certains romans ont raflé, la même année, les trois prix ! 23 romans ont fait le doublé, d’abord – Hugo et Nebula. Quelques uns ont obtenu le Locus (qui n’est décerné que depuis 1980, de toute façon).

Alors, évidemment, certains de ces romans ont pris un coup de vieux, mais force est de constater que la plupart ont formidablement bien vieilli. Ils ont marqué l’année de leur parution en même temps que des millions de lecteurs, avec parmi eux un bon nombre de spécialistes du genre.

Si vous voulez commencer une collection, découvrir la science-fiction, ou même rattraper quelques lectures à côté desquelles vous seriez passé, ces 23 romans sont des jalons, des temps forts du genre, et les auteurs de science-fiction contemporains leur doivent à peu près tout.

Après la guerre éternelle, iciDune et Neuromancien, par là, on continue avec :

 

Marée Stellaire, de David Brin 

 

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     Tous droits réservés © David Brin, collection privée

 

David Brin a fait très fort, avec Marée Stellaire : Hugo, Nebula, et, monsieur ne fait pas les choses à moitié, Locus ! Il est l'un des quinze auteurs à avoir remporté les trois prix pour un roman. Autant dire que Marée Stellaire était LE bouquin de science-fiction à lire en cette année 1983.

Etrangement, le tome 1 du cycle de l’Elévation n'a pas eu de prix. Bon, l'année de parution de Sundiver (Jusqu'aux feux du soleil) ne lui était pas favorable : en 1980, c'est Arthur C. Clarke qui a tout raflé avec Les Fontaines du Paradis. Ceci explique cela et on en parlera à l'occasion.

Brin a également obtenu l’Hugo, en 1987, pour le troisième roman du cycle de l'Elévation.

Le premier cycle, qui nous intéresse aujourd'hui, se compose de trois romans. Ce n'est pas une saga, comme put l'être Dune à son époque, mais les romans se déroulent dans un même univers, sans que les personnages y soient récurrents. Pour les joueurs de jeux vidéos, sachez que l'univers de Mass Effect doit beaucoup à David Brin et à son cycle de l'Elevation.

 

Elevez-vous les uns les autres !

"L'Elévation", quid ? En fait, sans entrer dans les détails, l'Elevation est le modus operandi de la société galactique, la Confédération, dans laquelle les humains sont une espèce parmi d'autres. C’est là la première qualité du roman, ce foisonnement d’espèces extraterrestres, les Galactiques, décrits avec moult détails, avec leurs écosystèmes propres, leurs façon de penser définitivement étrangères.

Dans cette société galactique foisonnante, donc, on trouve des races patronnes et des races clientes. Par le processus de l'Elevation, une race doyenne aide une autre espèce (qu’elle a découverte) à accéder au niveau technologique de la civilisation galactique (et donc au voyage interstellaire), mais ce soutien a évidemment un prix : la race cliente doit à son patron plusieurs centaines de milliers d'années de servitude. A l'issue de cette période de servitude, la race cliente peut prétendre devenir à son tour une race patronne et s’en va chercher une nouvelle espèce à faire évoluer – et à exploiter ignominieusement.

A l'origine de toute la civilisation galactique, assez cynique, une espèce très ancienne, aujourd'hui disparue, les Progéniteurs. On n'a évidemment pas fini d'entendre parler d'eux...

 

Les Terriens arrivent, mais pas seuls...

La société galactique faisait donc son bonhomme de chemin, entre races patronnes et races clientes, jusqu'à ce que les Terriens s'invitent à la fête. Et leur arrivée sème, comme on pouvait s'y attendre, une sacrée zizanie dans la Confédération.

Pour intégrer la société galactique, on est forcément doyen ou servant. Et en général, les nouvelles races intégrées ont le temps d’en découvrir les rouages byzantins, tout au long de leurs milliers d’années d’esclavage. Hors, les Humains ont découvert le voyage interstellaire seuls. Ils n’ont pas de patron. Cas unique dans l’histoire de la Confédération, au moins depuis les Progéniteurs.

Plus encore, ils ont fait évoluer deux espèces sur leur propre monde : les Dauphins et les Chimpanzés ont, par manipulations génétiques, accédé à la conscience. Et sont eux-mêmes, sur Terre, en quête de leur identité.

Bref, techniquement, les Terriens sont des doyens. Et ça pose un très sérieux problème. Les vraies races doyennes goûtent fort peu ces trublions d'humains débarquant dans la Confédération avec leurs gros sabots sans être passé d'abord par la case "quelques centaines de milliers d'années de servitude".

Voilà pour la base. Un univers riche de possibilités, cohérent dans son fonctionnement. Le tome 1, Jusqu'aux feux du soleil, s’attarde sur le fonctionnement assez génial de la Confédération, bien qu’il ne soit pas nécessaire de l’avoir lu pour profiter pleinement de Marée Stellaire.

 

Le Streaker et les autres 

Dans Marée Stellaire, le tome 2 de la série, qui nous occupe aujourd’hui, les humains vont découvrir un secret concernant les Progéniteurs - et se mettre à dos l'ensemble de la société galactique, où chaque race cherche à s'emparer des secrets mis à jour par le vaisseau Streaker, terrien, commandé par un collège d'officiers cétacés. La plus grande partie de l’histoire se déroule sur une planète où le vaisseau terrien a fait naufrage, alors que les races galactiques se mènent une guerre dans l’espace, pour savoir laquelle mettra la main sur les secrets exhumés par le Streaker.

On va donc suivre d’un côté l’équipage terrien, avec ses officiers dauphins, à la recherche d’un moyen de faire repartir leur vaisseau, explorant la planète où ils se sont échoués, et dans le ciel, une gigantesque bataille spatiale, opposant les Grands galactiques. 

  

De la science-fiction à l’ancienne, mais moderne !

Exploration. Planète inhospitalière. Extraterrestres. Bataille spatiale. Une ancienne race de créateurs dont ont se déchire les secrets. Le cycle de l’Elévation, commencé dans les années 80, n'aura aucun mal à convaincre le fan de science-fiction, mais c’est un peu de la science-fiction à l’ancienne.

David Brin s’intéresse peu aux problématiques sociales, à la psychologie de ses personnages, aux thèmes de la nouvelle science-fiction qui a succédé à l’âge d’or. Il fait de la science-fiction d’aventure et l’assume parfaitement. Rebondissements, retournements de situations, Marée Stellaire est une histoire palpitante, un roman de science-fiction qui remplit parfaitement son contrat. On se souviendra plus de sa narration virevoltante que de son style – c’est bien écrit, mais sans envolées. L’écriture de Brin est plutôt sage.

En revanche, il aime multiplier les points de vue et passe d’un personnage à l’autre avec talent – On suivra ainsi, dans Marée Stellaire, une douzaine de dauphins, quelques humains, un néo-chimp et une galerie de galactiques savoureux. Ses dauphins intelligents, pilotes de vaisseaux spatiaux d’exception, parce qu’ils maitrisent à la perfection le mouvement en trois dimensions, sont un ravissement pour le fan de science-fiction. Chacun d’eux a sa personnalité propre, et Brin invente pour ses dauphins un langage, des coutumes, des habitudes, chaque élément intelligemment inséré dans le fil de l’histoire.

Il fallait oser, pour faire de ses personnages principaux des dauphins intelligents – et il fallait tout le talent de David Brin pour que le concept tienne tout au long d’un bouquin. Pari réussi : les collèges de lecteurs des Prix Hugo et Nebula ont jugé bon, pour notre plus grand plaisir, de récompenser cette maestria.  

 

Sans doute pas exempt de défaut, Marée Stellaire a largement mérité sa consécration. Il aurait sans doute pu être quelque peu allégé, certaines scènes apportant peu à l’ensemble. Il aurait pu se terminer moins abruptement, sans laisser le lecteur sur sa faim la dernière page tournée. Peu importe – Marée Stellaire, 40 ans après sa parution, garde un potentiel de plaisir presque absolument intact et coiffe au poteau la plus grande partie de la production actuelle de science-fiction.

 

Gallimard a réédité Marée Stellaire en 2008. Je leur dis merci pour leur politique de réédition fabuleuse depuis des années. Je ne leur dis pas merci pour leur couverture, par contre, absolument affreuse. La précédente édition, chez J'ai Lu, dessinée par Caza, avait quand même une toute autre allure. Là, on dirait l'adaptation du Grand Bleu matinée de New Age mal digéré. Ca ne donne pas vraiment d'idée sur le contenu - et encore moins envie d'acheter quand on le voit posé sur une table de librairie.

 

marée

  Tous droits réservés © Editions J'ai Lu


Publié le 13/06/2012

Tags : marée stellaire élévation cycle de l'élévation david brin science-fiction prix hugo prix nébula dauphin folio sf gallimard j'ai lu sf folio hugo gernsback space-opera

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2 réactions :

Anonyme Le 27/10/2012

Il fait vraiment parti des meilleurs auteurs de SF. Lire Marée stellaire puis le reste du cycle de l'élévation est un véritable plaisir qui vous permettra de découvrir cet excellent écrivain. BF

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Anonyme Le 07/09/2012

un livre que j'ai lu et relu, mais j'ai toujours eu l'impression qu'il y aurait du y avoir une suite dédiée. De toute façon pour ceux qui aime la SF, c'est un incontournable

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