Souvenez-vous il y a quelque temps nous vous faisions découvrir une toute nouvelle revue de Science-Fiction : Frontières. Animée par des mordus de l'imaginaire avec qui nous avions pris contact, on en avait profité pour leur poser plein de questions du genre Qui ? Pourquoi ? Comment ? et autres interrogations sur le sens de la vie au sein d'une revue de SF à ce jour totalement gratuite.
Alors interview par-delà les Frontières avec Quentin Debard (instigateur du projet), et au passage en cadeau mise en avant à rebours du numéro #0 de la revue (en attendant le numéro #2 dans les tuyaux spatiaux-temporels !)
Pleine puissance Monsieur Sulu !
1- Comment est née l’idée d’une revue spécialisée, et qui sont les acteurs de ce projet ?
Il y a un an environ, j'avais envie de créer une maison d'édition consacrée aux littératures de l'imaginaire dans l'acception la plus large du terme. Étudiant en seconde année de master "Conduite de projet culturel, métiers du livre et multimédias", je me suis dit qu'il était temps de me bouger un peu et l'idée d'endosser l'habit d'éditeur me plaisait beaucoup. J'avais auparavant beaucoup pensé à ce projet, et je savais que le mener à terme ne serait pas évident : un marché plein à craquer, des ventes fluctuantes, l'arrivée du numérique que tout le monde attend ou redoute. Bref, j'en ai parlé à un groupe d'amis, sachant que ça demanderait un investissement énorme en terme de temps, mais aussi d'argent. Suite à nos discussions, l'idée de créer une revue s'est imposée et Frontières a vu le jour. Nous avons tout de même décidé de fonder Les Éditions du Nexus, afin de ne pas nous cantonner uniquement à une revue trimestrielle, si l'envie nous prenait d'élargir notre vision et de toucher à d'autres choses. Simple question de commodité.
Pour l'instant, nous nous concentrons uniquement sur Frontières, qui nous demande déjà pas mal de travail, travail qui mord complètement sur notre temps libre. Ce qui n'est déjà pas une mince affaire. En outre, nous ne sommes pas des professionnels du milieu et nous avons appris avec le temps, nous avons mis en commun nos connaissances et nos compétences (écriture, maîtrise des logiciels et ainsi de suite).
Les acteurs de ce projet, tous signalés dans l'ours, forment la base du pilier, un groupe d'amis ayant chacun des bagages différents et complémentaires (librairie, écriture, journalisme, dessin, etc.). Les relations que nous entretenons hors de ce cercle ont également permis de rattacher d'autres personnes, notamment au niveau de la correction, et des chroniques (je pense notamment à Gromovar ou Phil Becker, tous deux bien connus de la blogosphère).
Une chose importante que je tiens à préciser : bien que ce projet soit en partie sorti de ma tête, je ne souhaite pas récolter tous les honneurs. Jamais je ne me serais lancé seul dans cette entreprise. Nous travaillons tous sur ce projet et je suis tout simplement content que nous ayons pu nous entendre sur la forme à adopter, et qu'au final, cela marche, si ce n'est pour le public, au moins pour nous.
2- Pour l’instant la revue au format PDF est gratuite. À l’avenir doit-on s’attendre à du payant ? Qu’en est-il du format papier ? Est-ce prévu ? Et si oui pour quelle diffusion ? (En librairie ? Kiosque presse ? Par abonnement ? …)
Au début, nous avions dans l'idée de faire payer une adhésion à l'association pour recevoir la revue. Nous nous sommes vite rendu compte que, d'une part, personne n'adhérerait pour des raisons évidentes, car après tout nous ne sommes pas connus, nous n'avons pas fait nos preuves et, d'autre part, nous ne proposons, a priori, qu'une web-revue de plus. Nous avons donc opté pour la solution du tout gratuit. En fin de compte, nos coûts sont plutôt réduits et notre but n'est pas, pour l'heure, d'engranger des bénéfices autres que techniques. De l'expérience en somme.
Pour l'instant, nous n'avons pas encore décidé de passer au papier. La revue sera encore amenée à s'améliorer, dans le fond et dans la forme. Aussi, comme nous n'avons pas une maquette vraiment fixe, je ne pense pas que cela soit utile. Autre chose : passer au papier nous demanderait davantage d'investissement, si nous choisissons de nous occuper nous même de la diffusion et de la distribution, et davantage d'argent, sans parler de l'impression. Frontières est encore jeune et je doute que tous ses lecteurs soient prêts à passer à un produit payant.
L'idée reste pourtant alléchante et ne nous échappe pas. Nous passerons peut-être au papier si cela apporte un plus dans le paysage éditorial du genre, si le produit fini est digne d'être considéré comme professionnel et si, dans l'idéal, cela permet de créer un poste rémunéré pour un des membres du groupe. Les Éditions du Nexus troqueront alors leurs statuts contre une forme plus adaptée à l'aspect commercial que cela implique !
Finalement, si Frontières devenait un produit payant, la diffusion se ferait idéalement par abonnement et dans les librairies, pas forcément spécialisées puisque notre volonté première est de faire la promotion des littératures de genre. Les kiosques presse sont envisageables, puisque c'est là que l'on trouvera le plus de revues similaires (chroniques, critiques, etc.). Le problème ici est d'assurer une place à Frontières pour qu'elle se vende d'elle-même.
3- Quels sont vos partenaires (locaux et au-delà) ?
Ce sont avant tout des personnes qui se sont intéressées au projet. Par exemple, les responsables de Momie Manga & BD à Clermont-Ferrand et se sont montrés très enthousiastes dès le début. D'autres sont des amis qui nous donnent un coup de main : Evil One Comics, Au coin du livre.
D'autres partenaires sont apparus petit à petit. Je parle ici de personnes qui nous soutiennent (les chroniqueurs et la correctrice en chef) et nous aident.
4- En tant qu’Association Loi 1901, comment sont gérés justement les partenariats ?
Eh bien justement, ils ne sont pour l'instant qu'un échange de bons procédés. Un peu de publicité d'un côté, un peu d'aide ou des chroniques de l'autre. Nous n'en sommes qu'à notre début et ces partenariats ne demandent qu'à être creusés, ce que nous essaierons de faire bientôt.
Finalement ça ne rentre pas exactement dans la question, mais certains éditeurs et responsables presse (je pense notamment aux Moutons Électriques et à Gulf Stream) nous ont témoigné de l'intérêt et peut-être que cela mènera aussi à quelque chose !
Merci à Quentin Debard et aux Editions du Nexus d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.
Ci-dessous en complément Frontières #0 en PdF
Et hop un lien vers le site des Editions du Nexus ICI
Publié le 24/09/2012
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