Ecrivain majeur de sa génération, Robert Charles Wilson a su, au fil de ses romans, se créer une véritable identité.
Loin des classiques et des stéréotypes du genre, sa science-fiction, étonnante et humaine, propose au lecteur des voyages hors du commun. Récompensé de nombreux prix littéraires (dont le prix Hugo pour Spin en 2006), il est aujourd’hui un incontournable pour tout lecteur de l’imaginaire. Même si on n’aime pas forcément, il faut reconnaître son talent.
Aujourd’hui, parlons de Blind Lake.
Sorti en 2003 Blind Lake regroupe bon nombre de thèmes chers à l’auteur, et sa narration parfaite et fluide en fait un excellent roman, où le lecteur s’immerge rapidement et, finalement, dévore le bouquin. Autant vous le dire aussi, il s’agit d’un de mes romans favoris de R.C. Wilson. Alors je vais quand même tenter de rester objectif, tout en vous vantant les mérites de l’œuvre…
Crossbank et Blind Lake sont deux complexes de recherches scientifiques.
Toutes deux travaillent sur ce que la presse nomme La Nouvelle Astronomie. A l’aide d’ordinateurs quantiques à la puissance inimaginable, les scientifiques parviennent à obtenir des images de lointaines planètes. Cette technologie, à base de condensat de Bose-Einstein, et son évolution en superordinateur reste un mystère pour les chercheurs de ces centres. De fait, ils subissent plus qu’ils n’utilisent réellement ces outils.
A Crossbank, l’étude porte sur une planète où seule la vie minérale s’est développée. Dotée de paysages magnifiques, elle n’apporte pas vraiment de réponses aux scientifiques.
A Blind Lake par contre, il y une forme de vie biologique. Et tout le travail de Marguerite Hauser consiste à suivre, au quotidien « le sujet », une sorte de homard géant.
Tout se déroule pour le mieux, jusqu’au jour où l’armée intervient à Blind Lake et place le centre en quarantaine jusqu’à nouvel ordre. Et, coïncidence ou pas, c’est le moment précis que le sujet choisit pour étonner ses observateurs. Lui d’habitude si calme et routinier, quitte son habitat et s’engage dans un long pèlerinage…
Le roman démarre à peu près ici et Wilson va s’intéresser à la vie de cette population soumise à l’isolement et à des règles de vie très strictes. Par l’intermédiaire de ces personnages, tous plus réalistes les uns que les autres (à une exception près !), il développe un huis-clos haletant auquel il est impossible de résister. Le lecteur est littéralement happé par le récit, et les questions torturent son esprit de terrien : qui est ce sujet ? Quel lien peut-il avoir avec la quarantaine s’il en a un ? Quel lien entre Blind Lake et les événements de Crossbank ? Et bien plus encore, dont je vous laisse découvrir la teneur au fil des pages.
Malgré un certain manque de limpidité scientifique concernant les ordinateurs quantiques, Robert Charles Wilson soutient son récit par la densité de ses personnages. Humain, peut-être trop parfois, mais au moins le lecteur s’identifie et est à même de saisir la situation du récit. C’est évidemment un des points forts de l'auteur, que ce soit dans Blind Lake ou dans le reste de son œuvre.
Bien monté, on retiendra surtout l’intensité du récit plus que l’histoire en elle-même, car même si Wilson éclaircit quelques points, il laisse pas mal de zones d’ombre, c’est un peu regrettable. Il n’en n’est pas moins que Blind Lake demeure un excellent roman, digne de R.C. Wilson, et qui comblera à la fois ses fans et les néophytes.
Publié le 16/06/2012
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6 produits :
Blind lake
Robert Charles Wilson
, Gilles Goullet (Traduction)
Roman |
poche |
Gallimard |
septembre 2009
à partir de : 5 €
Blind lake
Robert Charles Wilson
, Gilles Goullet (Traduction)
Roman |
broché |
Denoël |
novembre 2005
à partir de : 12,84 €
La cabane de l'aiguilleur
Robert Charles Wilson
, Gilles Goullet (Traduction)
Roman |
poche |
Gallimard |
mars 2011
à partir de : 3,63 €
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