J'ai vu
John Carter, la vie rêvée sur Mars...
Au 19ème siècle, John Carter est un déserteur de l'armée confédérée que sa soif de l'or a déjà condamné à de cruels sacrifices. Traqué, il se réfugie bientôt dans une grotte d'où surgit un mystérieux visiteur. En s'emparant du médaillon de ce dernier, John Carter se retrouve propulsé sur le sol aride d'une terre inconnue et se voit doté d'une force extraordinaire qui lui permet d'effectuer des bonds défiant les lois de la gravité. Alors qu'il fuyait la guerre sur Terre, John Carter se trouve bientôt propulsé dans un autre conflit, loin de chez lui, sur la planète Mars, ici appelée Barsoom...
Dans une bande-annonce remontée par des fans et disponible sur youtube, un slogan annonce : « l'histoire épique qui a inspiré 100 ans de cinéma ». Voilà certainement résumé en une phrase le principal (et seul ?) défaut de John Carter. À savoir passer après des films comme Star Wars, Avatar, ou Flash Gordon, qui ont tous puisé allègrement dans l'œuvre séminale d'Edgar Rice Burroughs...
Si on réduit John Carter à ses simples séquences d'action, ce n'est évidemment pas le sentiment d'inédit qui prime. Mais ce serait oublier bien vite que le premier film live d'Andrew Stanton (Wall-e, Nemo) constitue le remarquable travail d'adaptation cinématographique d'un matériau qui a contribué à lui seul à nourrir le pulp, le feuilleton et le sérial. Le sentiment d'inédit, il faut le trouver dans la cohérence de cette œuvre fleuve de 2h20, qui brasse à la fois tout ce qui fait le cinéma de « science fantasy » depuis 40 ans mais en en proposant une remise à plat, une sorte de nouveau départ. Une approche somme toute logique vu que le premier roman du « Cycle de Mars » date de 1917.
Parmi les nombreuses qualités du métrage d'Andrew Stanton, il faut commencer par un héros charismatique, profondément humain et au trauma astucieusement géré qui permet une identification imparable. Ce magnifique anti-héros est aussi la source d'un humour savamment dosé qui sort à plusieurs reprises le film des sentiers balisés. En proposant une mise en scène alternant le spectaculaire et l'intimiste avec une remarquable fluidité, Andrew Stanton fait preuve d'une sincérité dégraissée de tout second degré parasite. Dans la première heure du film, la plus maitrisée narrativement, Andrew Stanton s'amuse comme un petit fou, surfe sur les codes du genre, passe de la comédie à l'action en un simple changement d'axe, joue avec les cassures de rythme et propose tout simplement les raccords les plus jubilatoires vus récemment dans un tel blockbuster hollywoodien.
Si quelques problèmes de rythme, ou plutôt de narration, viennent quelque peu entacher la dernière partie du film, c'est qu'elle aurait tout simplement mérité une bonne demi-heure supplémentaire afin de développer sa dimension épique dans les meilleures conditions. Bref, au final, on en aurait bien repris une louche !
Mais pourquoi Disney semble à ce point embarrassé avec ce film, au point de donner le sentiment de le lancer telle une patate chaude ? Le studio tenait là l'occasion de développer sa propre franchise (celle de Narnia ayant sombré en court de chemin), l'équivalent marketing d'un Twilight ou d'un Harry Potter. Deux poules aux œufs d'or qui ont bénéficié de la proximité de best-sellers littéraires, un avantage que John Carter n'a certes pas. Mais, en tant que film, qui osera dire objectivement que John Carter est moins enthousiasmant que les premiers épisodes de Twilight et Harry Potter ? Honnêtement, pas grand monde...
John Carter fait ainsi partie de ces films qu'on aurait aimé adorer, mais qui transpirent tellement la générosité et l'implication qu'on ne saurait le déconseiller. D'autant qu'il dépeint un univers qu'on crèverait d'envie de voir exploiter dans des séquelles. Jugez-en plutôt par le titre du roman suivant : « Les Dieux de Mars »...
Découvrez la bande-annonce de John Carter, sortie le 7 mars au cinéma :
Publié le 05/03/2012
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Franchement j'adore ce film vu au cinéma et acheté par la suite. Je ne comprends pas son échec commercial. Je suis tout a fait d'accord avec cet article. Disney aurait mieux de sortir ce film au travers d'une de ses filiales plus "adulte" car celui-ci ne convient à de jeunes enfants. Finalement, est ce peut être la l'erreur?
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