AMY WINEHOUSE laisse la Soul Music orpheline d’un immense talent tourmenté

Hommage

AMY WINEHOUSE laisse la Soul Music orpheline d’un immense talent tourmenté

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Le décès d'Amy Winehouse laisse surtout un sentiment de gâchis tant son talent, sa voix et son look auront marqués les esprits. Et il est bien malheureux que les dernières années de sa vie n'auront été qu'une succession de déboires et d'échecs, de bas plus que de haut, la faute à une addiction à l'alcool et aux drogues, à une pression médiatique et un succès aussi rapide que difficilement maitrisable tant la barre semblait haute pour quelqu'un d'aussi fragile. Elle avait pourtant réussi à redonner toutes ses lettres de noblesse à la soul Music.

Elle a baigné dès son enfance dans un environnement musical, son père était fan de jazz et plusieurs de ses oncles étaient des musiciens professionnels. Adolescente, elle monte un groupe de rap, influencée par les TLC (R&B) et Salt & Pepa (rap) groupe féminin américain alors en vogue à l'époque, mais cette expérience restera sans lendemain. C'est par le biais de son ami de l'époque, le chanteur Tyler James qui envoie une démo à son directeur artistique, qu'elle est signée en maison de disque. L'histoire est en marche, on recherchait une chanteuse de jazz et ça tombe bien Amy Winehouse connaît par cœur les standards du genre. Fin 2003, elle n'a que 20 ans et son 1er album sort, elle a co-écrit tous les titres originaux, l'album mélange les univers jazzy, soul, reggae et pop. Les ¾ du CD sont produits par Salaam Remi, grand manitou des studios qui a notamment travaillé avec Nas, The Fugees, et la britannique Mrs Dynamite pour ne citer qu'eux. L'album est un carton en Angleterre où les critiques spécialisées soulignent les qualités d'auteur d'Amy sur sa vision des relations entre les hommes et les femmes, de plus sa voix rauque si particulière fait déjà parler d'elle (on la compare à Sarah Vaughan et Macy Gray, même si personnellement je pencherai vers Dinah Washington ou Esther Philips  , et alors qu'on s'attend à voir une grosse chanteuse noire, on découvre une blanche toute fluette mal dans sa peau. Malheureusement ce succès est dur à digérer, les 1ers signes négatifs se font de plus en plus présents, elle arrive de plus en plus souvent ivre aux interviews voir même trop ivre pour jouer correctement lors des shows. Son entourage et management essayent désespérément de l'envoyer en cure de désintoxication, sans succès.

Et au lieu de ça, suite à sa rencontre avec le DJ/Producteur Mark Ronson (Robbie Williams, Lily Allen, Maroon 5, etc...), qui la relance spirituellement et artistiquement, elle sort le 1er single de son futur album Back to Black, Rehab !!! Pied de nez aux conseils bien pensant de ses proches, elle n'en fera qu'à sa tête toute sa vie. Salaam Remi et Mark Ronson se partageront les productions, le projet deviendra un hommage aux girls band (The Ronettes, The Shirelles, The Chiffons, etc...) du début des années 60, tant dans le look que dans la direction musicale, avec toujours cette inspiration et profondeur soul à la Motown. La moitié de l'album sera d'ailleurs interprété par une partie des musiciens du fameux groupe de soul The Dap-Kings (le groupe de Sharon Jones), ils accompagneront d'ailleurs Amy Winehouse lors de sa 1ère tournée aux states. On comprend maintenant mieux comment cette association de tant de talent a pu donner un tel résultat. L'image de la chanteuse est transformée, elle porte maintenant une choucroute sur la tête (à la mode dans les années 60), elle a plein de tatouages, elle a l'air plus trash, elle est prête pour le showbiz. L'album deviendra un succès immédiat en Angleterre (octobre 2006), les critiques sont élogieuses, les récompenses pleuvent et le public adhère totalement au talent et la personnalité de la chanteuse. Sa voix et la qualité des chansons vont marquer toute une génération de fans et d'artistes. Car même si Joss Stone avait déjà sorti un 1er album très soul, accompagnée par la crème de la scène soul de Miami des 70's, c'est véritablement Amy Winehouse qui ouvrira les portes aux Duffy et Saadiq pour ce courant "revival".

Le CD ne sort aux États-Unis qu'en mars 2007, l’accueil est déjà très bon et les choses vont s’accélérer, suite à divers prestations TV, couvertures de magazine et lancement de son 2ème single You know I'm no good, puis du 3ème Back to black. Pendant ce temps, Mark Ronson sort son 2ème album solo, Version, album concept où il réarrange des titres connus qu'il fait reprendre par d'autres artiste, Amy Winehouse reprend le titre Valèrie des Zutons, toujours avec cette vibe soul vintage (personnellement je trouve cette reprise excellente). Elle collaborera aussi avec Mutya Buena (ex Sugababes) sur 1 titre B boy baby, là encore il s'agira d'une reprise d'un des standards des girls band des années 60 Be my baby par The Ronettes. Enfin, Une nouvelle version deluxe de l'album est proposé avec des faces B, des live et inédit en novembre 2007. Un DVD live sort aussi le même jour. Et en 2008 elle remporte 5 Grammys (l'équivalent des  Oscars pour la musique), à ce jour Back to Black sous toutes ses versions s'est écoulé à pratiquement 10 millions de copies dans le monde ! Amy Winehouse monte ensuite son propre label Lioness Records, elle y signe sa filleule Dionne Bromfeld alors agée de 13 ans. L'album sort en Angleterre en octobre 2009, il s'intitule Introducing Dionne Bromfield, on reste dans le même univers musical, le 1er single Mama said sera une reprise des Shirelles (girls band 60s), le 2ème reprendra le standard soul Ain't no mountain high enough qu'elle interprétera avec Zalon, le choriste préféré d'Amy.

Malheureusement la suite de son histoire ne sera qu'une succession de dépression, séjours hospitaliers, divorce, 1ères pages de tabloïds et comeback ratés jusqu'à son décès tragique Samedi 23 juillet. Elle rejoint ainsi au panthéon des artistes fauchés trop tôt, d'autres icônes de la musique tels Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin et Curt Cobain, partis eux aussi à l'âge de 27 ans.

Publié le 25/07/2011

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Anonyme Le 15/09/2011

Personnellement, je n'irai pas jusqu'à dire que talent exceptionnel et équilibre moral s'opposent. Je pense que c'est fantasmer la vie d'artiste. Pour en revenir a Amy, je me rappelle à avoir eu du mal a rentrer dans ses chansons a cause de sa voix, trop monotone à mon goût. Mais quand j'ai entendu ce titre http://www.soulculture.co.uk/blogs/music-blog/newmusic/amy-winehouse-roun-midnite-unreleased-gems/ , ça m'a tué.

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Anonyme Le 29/07/2011

On ne peut pas je crois être une artiste exceptionnel et même temps une gentille demoiselle poli et bien dans sa tête. Une de plus parmi les torturés les écorchés vifs qui tentait de nous faire partager ses souffrances. Quand je lis ici "enfin un album que l'on peut écouter en entier et en famille" je me dis que le type qui a écrit ça n'rien compris ou est un p..... d'égoïste ! Elle y a laissé sa peau pour que tu puisse, assis dans ton fauteuil " Ingvar Kamprad" écouter de la musique géniale. Tu n'a pas entendu les cris les larmes les angoisses que cette Diva tentait, avec ses tripes, de te faire ressentir. Elle est de la trempe des Poètes maudits : Rimbaud, Verlaine, et A de Vigny (« (...) du jour où il sut lire il fut Poète, et dès lors il appartint à la race toujours maudite par les puissances de la terre... »). Elle soignait ses blessures comme le faisait Bukowski, Fante. Elle apaisait ses souffrances comme Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin. Elle est morte de quoi exactement ? On se fout des résultats de l'autopsie, elle est morte d'avoir eu trop de talents à une époque ou l'on dévore les âmes sensibles et fragiles comme la sienne. "Too much too soon"

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Anonyme Le 25/07/2011

Une petite fille déjantée, un coeur de poète rock, une voix de Soul Queen, repose en paix Amy et merci.

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Anonyme Le 25/07/2011

Quelle tristesse...Pas de plan de carrière, pas d'heures à bosser ses gammes, un talent pur, tout au ressenti et à l'émotion. Ses démons et sa souffrance extrèmes la rapproche pour l'éternité des légendes. Son histoire est à l'image de notre société contemporaine, sombre, et en train de sombrer. Nous sommes tous orphelins.

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