J'ai vu
ALELA DIANE & MINA TINDLE au Trianon...
De multitudes bonnes raisons nous étaient données d'assister à cette représentation ce soir là au Trianon à Paris... Tout d'abord, l'envie de (re)découvrir cette mythique salle du boulevard Rochechouart ayant subi en ce début d'année 2011 un lifting afin de la moderniser au niveau technique et de réparer l'usure du temps (Rappelons qu'elle a été construite au début du 20ème siècle...). Et bien sûr l'envie de voir sur scène la captivante Alela Diane et la belle découverte Mina Tindle.
Il est 20 heures et l'espace réservé au public devant la scène ainsi que les gradins du 1er étage sont déjà désormais bien rempli... Il faut dire que cela faisait un petit bout de temps que la nouvelle reine du folk américain n'avait pas fouler le sol d'une estrade parisienne ! Et cela lui tenait particulièrement à cœur de revenir faire un tour dans notre capitale, elle qui a débuté sa carrière en France grâce à la ténacité d'un label indépendant Fargo, dénicheur de talent hors-pair (Andrew Bird, Joseph Arthur, Jesse Sykes...) . C'est donc pour assister à une soirée pleine d'émotion que le public s'est déplacé en masse...
En attendant, nous était proposé en guise de première partie une jeune artiste répondant au doux pseudonyme à consonance anglophone de Mina Tindle (Elle s'appelle dans la vraie vie Pauline de Lassus). Outre de nombreuses ouvertures pour des artistes aussi prestigieux que Beirut, lui permettant de faire parler d'elle dans les médias, on avait découvert cette jeune parisienne suite à sa participation sur l'excellent dernier album de JP Nataf, Clair, avec cette voix si fraîche et déjà bien affirmée.
Arrivant sur scène, elle donne l'impression d'une certaine fragilité, comme impressionnée par l'évènement. Mais cette prétendue timidité va très vite voler en éclat pour laisser place à une étonnante maturité dès les premiers sons de sa voix pleine d'émotion. Le public est captivé ! On aura vraiment apprécié les titres qu'elle a joué seule à la guitare comme Lone Rider ou Bells, ainsi que ceux où elle se fait accompagner par deux musiciens (On aura d'ailleurs reconnu l'un des membres de Syd Matters...) comme The Kingdom ou le très catchy To Carry Many Small Thing. A n'en pas douter l'une des prochaines confirmations de la musique folk française féminine "à l'américaine" aux cotés de Owlle, Le Prince Miiaou ou encore Nadeah. Vivement un premier album !
On a à peine le temps de nous remettre des émotions procurées par cette belle découverte que déjà se met en place Alela Diane et ses musiciens composés pour la plupart de membres de sa famille. En effet, les deux guitaristes ne sont autres que son petit ami et son père ! On l'avait connu à une époque où ses tenues vestimentaires lorgnaient plutôt du côté des habits traditionnels des indiens d’Amérique, on la découvre désormais avec une tenue emprunt au style musical country... Un vrai cow-boy, ou plutôt, je devrais dire, cow-girl. A chasser le naturel il revient toujours au galop !
Du coup, musicalement, comme on le sentait déjà sur son dernier album, la folk dont elle avait l'habitude de nous gratifier a tendance à lorgner du côté de la country musique chère à nos amis d'outre-atlantique. Reste une chose que l'on ne peux pas lui enlever, c'est cette voix si reconnaissable qui a fait son succès et cette prestance plutôt froide et malgré tout captivante qu'elle peut avoir sur scène. du coup, bien que l'on ait tendance à préférer entendre ses titres plus anciens tirés de Pirate's Gospel comme Tired Feet, The Rifle ou le sublimiscime Oh My Mama en rappel (j'en pleure encore...), on se laisse entraîné par certaines nouvelles chansons moins dans l'émotion et plus dans le rythme (Of Many Color, Elijah, The Wind ou encore Rising Greatness). Alela Diane, grâce à une voix divine, où tout l'art de faire apprécier de la musique ancrée dans les racines américaines à un public français... La classe non ?!
Publié le 28/10/2011
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