J'ai écouté
"Reflets" de Michel El Malem est le nouveau prix du Jazz français de l'année !
L'Académie du Jazz vient de décerner le prix du disque français de l'année à Reflets du saxophoniste Michel El Malem. Je m'en serais voulu énormément de ne pas vous en dire quelques mots, parce que figurez-vous, c'est un magnifique disque bien solide et costaud comme j'aime.
Véritable aventure collective, fruit de la combinaison de musiciens qui s'apprécient, on rencontre ici, et c'est une surprise, Marc Copland dans un registre beaucoup plus ouvert et moins introverti qu'à l'habitude, tout en gardant cette espèce de résonance et cet effet de pédale dans son jeu de piano qui fait qu'on le reconnait instantanément. On retrouve, comme dans son précédent disque First Step, le formidable Marc Buronfosse, incontestablement un des meilleurs contrebassiste français en compagnie de Michael Felderbaum, un guitariste qui va sans cesse en s'améliorant. Le batteur, Luc Issenmann, moins connu mais pas moins bon pour autant et qui devrait largement l'être, forme avec le bassiste une paire assez pêchue et efficace.
Michel El Malem, musicien assez discret mais de belle stature musicale, s'affirme un peu plus à chaque disque. Quelque part entre Michael Brecker et Wayne Shorter, il affectionne plutôt le style un peu modal du Jazz. Seulement voilà, l'idée qu'il a eu d'inviter Marc Copland change un peu la vision de sa musique. Souvent un peu mélancolique et teintée de bleu sa façon de composer prend de la couleur et un peu plus de joie de vivre. Naturellement énergique, il nous amène une vraie bonne musique enrichie de l'apport de tous les participants qui ne se sont pas fait prier pour participer à telle fête. Je vais le redire une fois de plus mais la contribution de Marc Copland est essentielle autant qu'inattendue. Ce n'est pas son rôle qui surprend mais surtout la façon beaucoup plus ouverte de jouer.
Les compositions sont assez variées et peuvent être douce comme dans 328, ou bien swing comme dans Essaouira ou ses racines ressortent joliment. Son coté modal, qu'il apprécie, se retrouve bien dans La Mort n'existe Pas et cette espèce de gaité retrouvée avec la base du groupe dans Ici.
La sérénité est de mise tout au long de cet album très réussi et très agréablement solide et inspiré. Un vrai bon disque qu'on réécoute souvent, et ça, c'est pas tous les jours !
Publié le 21/02/2012
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